
Le matin, les doigts sont raides et, après seulement quelques étages d’escaliers, les genoux lancinent. Certains jours, une articulation d’orteil jusque-là sans problème se met soudain à enfler, et la douleur peut être telle qu’elle empêche de dormir. À partir de la quarantaine, attribuer des troubles articulaires répétés au seul « poids des années » peut faire perdre un temps précieux pour se soigner.
Genou qui lance en montant les escaliers…la plus fréquente : « arthrose »
Souvent qualifiée d’« arthrite dégénérative », l’arthrose provoque douleur et raideur lorsque des modifications touchent non seulement le cartilage articulaire, mais aussi les tissus qui composent l’articulation, comme l’os, les ligaments ou la membrane synoviale. Elle atteint fréquemment le genou, mais aussi la main et la hanche, et son risque augmente avec l’âge.
Au début, le genou fait souvent mal après une longue marche ou lors de la montée et de la descente des escaliers, puis la douleur s’atténue au repos. Le surpoids et l’obésité, des antécédents de blessure articulaire, ou des activités répétées qui sollicitent les articulations peuvent aussi accroître le risque. Pour la prise en charge, il est important de maintenir un poids adapté et de renforcer régulièrement les muscles autour des articulations.
Chaque matin, les deux mains sont raides…la « polyarthrite rhumatoïde »qui endommage les articulations
La polyarthrite rhumatoïde ne résulte pas simplement d’un usage prolongé des articulations. Il s’agit d’une maladie auto-immune dans laquelle une anomalie du système immunitaire déclenche une inflammation des tissus entourant les articulations. Elle apparaît souvent dans les petites articulations des doigts, des poignets et des pieds, et elle est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.
Il faut être particulièrement attentif si, au réveil, les articulations restent raides longtemps, ou si les deux mains et les deux poignets enflent et font mal de manière similaire. Une fatigue ou une légère fièvre peuvent aussi accompagner ces symptômes. Si l’inflammation persiste, le cartilage et l’os peuvent être endommagés, au point d’altérer la fonction articulaire ; si des signes suspects se prolongent, il est donc important de consulter tôt.
En pleine nuit, le gros orteil lance…la « goutte »qui survient brutalement
La goutte est une maladie dans laquelle des cristaux formés par une accumulation excessive d’acide urique dans l’organisme se déposent dans les articulations et les tissus voisins, provoquant une inflammation intense. Le cas typique débute au niveau de l’articulation du gros orteil, mais elle peut aussi toucher la cheville ou le genou. L’articulation peut enfler soudainement, rougir, et la douleur peut devenir si intense qu’il est difficile de la toucher.
La goutte est plus fréquente chez les hommes, mais le risque augmente aussi chez les femmes après la ménopause. L’obésité, la maladie rénale chronique, l’hypertension et la consommation d’alcool sont également associés au risque de goutte. Si les crises se répètent et restent sans prise en charge, des tophi (amas de cristaux d’acide urique) peuvent se former autour des articulations ou évoluer vers des lésions articulaires ; un diagnostic précis et une prise en charge sont donc nécessaires.
Genou·doigt·orteil…il faut d’abord observer « la zone et le moment »de la douleur
Toutes les douleurs articulaires qui apparaissent après la quarantaine ne relèvent pas de la même arthrite. Si le genou fait davantage mal à mesure que l’on bouge, il faut envisager l’arthrose ; si, chaque matin, les articulations des deux mains restent raides longtemps et enflent, il convient de vérifier une polyarthrite rhumatoïde. À l’inverse, si une seule articulation — comme celle du gros orteil — enfle soudainement, rougit et devient extrêmement douloureuse, il faut aussi envisager une goutte.
Selon le type de maladie articulaire, les causes et les traitements diffèrent. Lorsque la douleur se répète, que l’articulation enfle et devient chaude, que la raideur matinale persiste ou que la vie quotidienne s’en trouve perturbée, mieux vaut ne pas balayer cela d’un « c’est normal à la quarantaine ». La priorité consiste à examiner l’emplacement des symptômes, le moment où ils surviennent et leur durée, afin d’en identifier précisément la cause.