Une seule hospitalisation et vos parents ont soudainement pris un coup de vieux… pas seulement à cause de l’âge, mais un signal de « fragilité » ?

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La Société coréenne de gériatrie discute des stratégies les plus récentes de prévention de la sarcopénie, du syndrome locomoteur et des chutes

« Ils sont sortis de l’hôpital, mais ce n’est plus comme avant. Ça se voit même à l’œil nu. »

C’est après que vos parents sont rentrés à la maison, après quelques jours d’hospitalisation pour une pneumonie, une fracture ou une opération. L’appétit diminue, la vitesse de marche ralentit. Pour se lever d’une chaise, ils doivent s’appuyer avec les mains, et ils chancellent en allant aux toilettes.

Les familles ont souvent tendance à considérer cela comme négligeable en se disant : « À leur âge, on n’y peut rien ». Mais en médecine gériatrique, on ne considère pas cela comme un simple effet de l’âge.

Le 77e congrès scientifique de la Société coréenne de gériatrie, consacré de manière intensive à la problématique de la fragilité chez les personnes âgées, se tiendra les 30 et 31 mai au BEXCO de Busan. Il couvrira non seulement des enjeux médicaux suscitant un fort intérêt sociétal — de la sarcopénie aux fractures, en passant par le syndrome locomoteur — mais aussi des questions de politiques publiques et d’amélioration du quotidien, telles que les soins à domicile, les soins intégrés et la nutrition des personnes âgées. Photo = Clipart Korea
Le 77e congrès scientifique de la Société coréenne de gériatrie, consacré de manière intensive à la problématique de la fragilité chez les personnes âgées, se tiendra les 30 et 31 mai au BEXCO de Busan. Il couvrira non seulement des enjeux médicaux suscitant un fort intérêt sociétal — de la sarcopénie aux fractures, en passant par le syndrome locomoteur — mais aussi des questions de politiques publiques et d’amélioration du quotidien, telles que les soins à domicile, les soins intégrés et la nutrition des personnes âgées. Photo = Clipart Korea

Un état où les réserves physiologiques diminuent, au point que de petits stimuli — infection mineure, chute, hospitalisation — déstabilisent fortement les fonctions de la vie quotidienne. C’est cela, la « fragilité » (frailty). La fragilité ne se résume pas à une seule maladie, mais c’est un signal majeur qui peut faire basculer la santé au grand âge.

La Société coréenne de gériatrie (président : professeur Han Seong-ho, hôpital universitaire de l’Université Dong-A) organise les 30 et 31 mai, au BEXCO de Haeundae (Busan), son « 77e congrès scientifique (session de printemps) ». Des sessions telles que « Fragilité musculo-squelettique » et « Évaluation et interventions pour la fragilité et la sarcopénie » sont également prévues.

Seront notamment discutés : « Histoire et épidémiologie du syndrome locomoteur (Locomotive syndrome, LS) » (Kim Mi-ji, faculté de médecine de l’Université Kyung Hee), « Diagnostic et traitement » (Yu Jun-il, faculté de médecine de l’Université d’Inha), « Interventions numériques » (Park Hyeon-tae, Collège des sciences de la santé de l’Université Dong-A), ainsi que « Utilisation de l’évaluation gériatrique globale (CGA) en consultation externe » (Im Jeong-seon, faculté de médecine de l’Université Eulji), « Interventions sur la fragilité et la sarcopénie » (Choi Jeong-yeon, faculté de médecine de l’Université nationale de Séoul) et « Prévention des chutes » (Shin Myeong-jun, faculté de médecine de l’Université nationale de Pusan).

Le 7, la Société a déclaré : « Dans une société de super-vieillissement, la prise en charge des personnes âgées ne s’arrête pas au traitement d’une seule maladie », ajoutant : « L’un des enjeux majeurs de la gériatrie est de savoir dans quelle mesure on préserve les fonctions de la vie quotidienne après une hospitalisation et comment on aide les patients à retrouver la force de vivre à nouveau chez eux et dans la communauté ».

Si les chutes se répètent, il faut d’abord vérifier une « baisse de la force musculaire »

La fragilité n’apparaît pas soudainement. Les signaux se manifestent d’abord dans la vie de tous les jours.

La vitesse de marche ralentit. On hésite davantage à sortir. On évite les escaliers. On fait tomber des objets plus souvent. On n’arrive pas à se lever d’un canapé ou d’une chaise en une seule fois. Le poids diminue, et la quantité de nourriture aussi. Après une chute, on réduit les mouvements eux-mêmes « par peur de retomber ».

Le problème, c’est le cercle vicieux. Moins on bouge, plus on perd du muscle. Moins on a de muscle, plus l’équilibre se dégrade. Quand l’équilibre se dégrade, le risque de chute augmente. Une chute peut conduire à une fracture de la hanche, un traumatisme crânien, une hospitalisation prolongée. Et l’hospitalisation, à son tour, fait encore baisser la masse musculaire et les capacités fonctionnelles au quotidien.

Le concept clé ici est la « sarcopénie ». La sarcopénie ne signifie pas seulement une diminution de la masse musculaire. Les critères internationaux récents considèrent la diminution de la force musculaire comme un facteur initial plus important que la masse musculaire. Autrement dit, « la force pour se lever a diminué » peut être un signal plus important que « j’ai perdu du poids ». Si vos parents doivent s’agripper à une poignée ou s’appuyer sur leurs genoux pour se lever d’une chaise, il peut s’agir non pas d’une simple baisse de forme, mais d’un signal précoce de sarcopénie et de fragilité.

Qu’est-ce que le « syndrome locomoteur » ?

Un autre terme peu familier abordé lors de ce congrès est le « syndrome locomoteur ». Concept issu de l’orthopédie japonaise, il désigne un état où la fonction des organes permettant le mouvement — os, articulations, muscles, nerfs — diminue, limitant la capacité à marcher ou à accomplir les activités de la vie quotidienne. Il ne s’agit pas de considérer séparément l’arthrose du genou, les maladies de la colonne, l’ostéoporose, la sarcopénie ou la baisse de l’équilibre, mais de les voir comme « une dynamique unique qui réduit la capacité à se déplacer par soi-même ».

Alors que la fragilité correspond à une baisse globale des réserves de l’organisme, la sarcopénie concerne, parmi ces éléments, le problème des muscles et de la force. Le syndrome locomoteur concerne la capacité de mobilité : marcher, se tenir debout, monter des escaliers et poursuivre les activités de la vie quotidienne.

C’est pourquoi il est difficile d’évaluer la santé au grand âge uniquement à partir de la tension artérielle, de la glycémie ou du cholestérol. Même si les chiffres sont corrects, si l’on ne peut pas marcher, se lever, et que l’on tombe souvent, il est difficile de parler d’un vieillissement en bonne santé.

La raison pour laquelle on « prend un coup de vieux » après une hospitalisation se trouve aussi là

Le moment qui surprend le plus les familles, c’est après l’hospitalisation. Avant, vos parents faisaient leurs courses seuls et se promenaient dans le quartier ; après la sortie, ils restent soudainement enfermés dans leur chambre.

La maladie a été traitée, mais le corps s’est affaibli. En restant alité même brièvement, la force des jambes diminue, l’appétit baisse, et le rythme jour-nuit se dérègle. Dans l’environnement inhabituel d’une chambre d’hôpital, certains peuvent souffrir de delirium (confusion aiguë), ou voir l’anxiété et la dépression s’aggraver après le retour à domicile.

Pour une personne âgée fragile, l’hospitalisation n’est pas un simple processus de traitement. C’est un événement majeur qui met à l’épreuve les réserves de l’organisme. Un jeune récupère vite après quelques jours alité ; une personne âgée fragile peut, sur la même période, voir vaciller simultanément la force musculaire, l’équilibre, la fonction alimentaire et les capacités cognitives.

C’est pourquoi, en gériatrie, on évalue non seulement « la maladie a-t-elle été traitée ? », mais aussi « dans quelle mesure les fonctions de la vie quotidienne ont-elles été préservées ? ». Même si la pneumonie est guérie, si la personne ne peut plus marcher seule, le traitement n’est pas terminé. Même si l’opération d’une fracture s’est bien passée, si la personne ne peut pas aller aux toilettes en sécurité, la récupération n’est pas complète.

Le fait que ce congrès aborde aussi l’évaluation gériatrique globale (CGA) en consultation externe s’inscrit dans la même logique. La CGA est une évaluation qui prend en compte, ensemble, la maladie, les médicaments, la nutrition, les fonctions cognitives, la dépression, la marche, le risque de chute, les capacités à réaliser les activités de la vie quotidienne, ainsi que les conditions de soutien familial. Une approche qui considère la personne âgée non pas à travers un « diagnostic », mais à travers ses « fonctions de vie ».

L’exercice suffit-il à lui seul ?

La clé pour prévenir la fragilité et la sarcopénie, c’est l’activité physique. Mais dire simplement « Faites de l’exercice » ne suffit pas.

Les exercices nécessaires aux personnes âgées ne sont pas les mêmes que les exercices de perte de poids chez les jeunes. Marcher aide, mais il faut aussi intégrer du renforcement musculaire et des exercices d’équilibre. S’asseoir et se relever d’une chaise, se mettre sur la pointe des pieds, monter des escaliers lentement, tenir sur une jambe : ces entraînements se relient directement aux fonctions de la vie quotidienne.

Dans la session « Nutrition et exercice chez la personne âgée », seront abordés « Diagnostic et traitement de la dénutrition chez la personne âgée » (Park Seung-guk, faculté de médecine de l’Université d’Inje) et « Exercice sûr et efficace pour les personnes âgées » (Kim Jong-gyu, Seoul Medical Center). Pour ralentir la fragilité, on ne peut pas isoler l’exercice du reste : quantité alimentaire, apport en protéines, prise en charge des maladies chroniques et évaluation du risque de chute doivent avancer ensemble.

La prévention des chutes commence à la maison. Antidérapants dans la salle de bain, éclairage nocturne, suppression des seuils, remplacement des chaussons d’intérieur trop lâches, organisation du trajet entre le lit et les toilettes : ces mesures suffisent déjà à réduire le risque. Chez la personne âgée, une chute n’est pas un simple accident. Une seule chute peut devenir un point de bascule menant à une fracture, une hospitalisation, puis l’entrée en établissement.

L’hôpital, le domicile et la communauté doivent agir ensemble

La fragilité ne peut pas être prise en charge uniquement à l’hôpital. L’hôpital doit dépister la fragilité et la sarcopénie, évaluer le risque de chute, les problèmes liés aux médicaments et l’état nutritionnel. La rééducation et la prescription d’activité physique sont également nécessaires.

Mais l’endroit où vos parents tombent réellement n’est pas l’hôpital : c’est la maison. L’endroit où l’on saute des repas, c’est aussi la maison ; l’endroit où l’on réduit les sorties, c’est le quartier. Voilà pourquoi la prise en charge de la fragilité ne doit pas s’arrêter à la consultation hospitalière, mais se prolonger au domicile et dans la communauté.

Le fait que le programme de la Société coréenne de gériatrie traite, en plus de la fragilité et de la sarcopénie, des soins intégrés, des soins à domicile et des modèles de coopération hôpital–communauté s’inscrit dans la même logique. Lors de la session politique du premier jour, seront présentées : « Articulation entre soins médicaux et accompagnement via des centres de soins à domicile » (Yu Chang-geun, Association coréenne des soins à domicile), « Soins intégrés de la ville de Busan » (Kim Tae-seok, mairie de Busan) et « Expérience de soins à domicile et de coordination territoriale » (Kang Heon-dae, clinique Dandelion Care).

Le deuxième jour se poursuivra avec, notamment, « Les soins à domicile vus depuis le terrain du traitement du cancer » (Hwang In-gyu, faculté de médecine de l’Université Chung-Ang) et « Modèle opérationnel de soins à domicile adossé à un hôpital et connecté au territoire » (Lee Seon-yeong, faculté de médecine de l’Université nationale de Séoul).

La prise en charge de la fragilité dépasse le simple conseil individuel de « faire plus d’exercice ». L’hôpital doit évaluer, le domicile doit être sûr, et la communauté doit assurer la continuité de l’accompagnement et de la rééducation. C’est ainsi que des parents qui ont soudainement pris un coup de vieux après une hospitalisation peuvent retrouver la force de marcher, de manger et de sortir.

Les critères de la santé au grand âge doivent aussi évoluer. Vivre longtemps ne suffit pas. La force de se lever seul, de marcher, de manger et d’aller aux toilettes. Préserver cette force est l’enjeu central des soins dans une société de super-vieillissement.

Ce congrès se tiendra au 2e étage du hall de convention du BEXCO. Le programme (https://www.geriatrics.or.kr/new_workshop/2026S/about/program_All.php) et la préinscription peuvent être consultés sur le site de la Société coréenne de gériatrie.

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