
La cuisinière à gaz est encore largement utilisée en cuisine. Son usage quotidien et répété peut avoir des effets sur l’organisme plus importants qu’on ne l’imagine. Le risque augmente surtout lorsque l’on cuisine longtemps dans un espace mal ventilé. Passons en revue les problèmes de santé auxquels peuvent être confrontées les femmes au foyer qui restent longtemps devant une cuisinière à gaz.
Manque de ventilation, combustion du gaz… risque d’« accumulation en intérieur » de substances nocives
Lors de la combustion, une cuisinière à gaz émet divers polluants, notamment du dioxyde d’azote, du monoxyde de carbone et des particules fines (PM). Dans une cuisine insuffisamment ventilée, la concentration de dioxyde d’azote peut être plusieurs fois supérieure à celle de l’air extérieur ; et plus le temps de cuisson se prolonge dans un environnement clos, plus cette concentration augmente rapidement.
En particulier, lorsque la cuisson se poursuit de manière continue pendant plus de 30 minutes, la quantité de polluants accumulés augmente nettement ; en cas d’expositions répétées, la dose inhalée par l’organisme s’accroît également. Même si cela ne se voit pas, ces substances pénètrent en continu par la respiration, ce qui pose la question de leurs effets à long terme sur la santé.
Si la toux et l’essoufflement se répètent, prudence… risque accru d’asthme et de bronchite
Le dioxyde d’azote est une substance typique qui irrite la muqueuse bronchique et déclenche une réaction inflammatoire. Une exposition de courte durée peut déjà provoquer toux, expectorations et difficultés respiratoires ; si elle se répète sur le long terme, le risque de bronchite chronique ou d’asthme peut augmenter.
Des études ont d’ailleurs montré que le risque de maladies respiratoires est plus élevé dans les foyers utilisant fréquemment une cuisinière à gaz. Une vigilance particulière est nécessaire chez les enfants, les personnes âgées et celles présentant déjà une affection respiratoire, car elles peuvent être davantage affectées dans un même environnement.
Fritures et sautés : forte hausse des particules ultrafines… pénétration profonde dans les poumons
Au-delà de la cuisinière à gaz elle-même, les fumées d’huile générées pendant la cuisson constituent une cause majeure. Les fumées produites lors des fritures ou des plats sautés contiennent des particules ultrafines (PM2.5) ; certaines mesures montrent que la concentration en intérieur peut, temporairement, grimper à des niveaux très élevés.
Ces particules ultrafines, de taille extrêmement réduite, peuvent pénétrer profondément dans les poumons et provoquer une inflammation ; à long terme, elles peuvent aussi accroître la charge sur le système cardiovasculaire. Plus la cuisson se fait à haute température, plus la quantité émise augmente fortement : la méthode de cuisson est donc un facteur important.
Pour réduire les risques… la ventilation et les habitudes de cuisson sont essentielles
Le plus important est la ventilation. Il est essentiel d’ouvrir les fenêtres avant de commencer à cuisiner et d’utiliser systématiquement la hotte aspirante pendant la cuisson. Si possible, créer un courant d’air traversant pour renouveler rapidement l’air est efficace.
Réduire le temps de cuisson à haute température et utiliser un couvercle pour limiter la production de fumée peut également aider. Utiliser une hotte de cuisine performante est une autre option. En définitive, plutôt que d’éviter la cuisinière à gaz, l’essentiel pour préserver sa santé est d’adapter ses habitudes d’utilisation.