
Ce qui rend le diabète particulièrement redoutable, c’est le risque de complications. On cite souvent comme symptômes la polydipsie (boire beaucoup d’eau), la polyurie (uriner fréquemment) et la polyphagie (augmentation de l’appétit), mais des complications peuvent survenir même en l’absence de ces signes, au niveau des vaisseaux du cœur, du cerveau et des reins, ou encore des yeux et des pieds. C’est l’une des principales causes de décès chez les personnes atteintes de diabète. Si l’on retarde le traitement malgré une glycémie élevée, l’hyperglycémie persiste et diverses complications aiguës et chroniques du diabète peuvent apparaître. D’où l’importance d’un contrôle rigoureux de la glycémie au quotidien. Pour prévenir les complications, il faut maintenir la glycémie à un niveau approprié en combinant contrôle alimentaire, exercice physique et médicaments. Il est également plus sûr de conserver un poids adéquat, une tension artérielle et un taux de cholestérol sanguin appropriés, et d’effectuer des examens réguliers.
Pourquoi le diabète augmente-t-il le risque de cancer du pancréas ?
Un point mis en avant ces derniers temps au sujet du diabète concerne son lien avec la survenue d’un cancer du pancréas. Les facteurs de risque du cancer du pancréas incluent des facteurs tels que l’hérédité, le tabagisme, l’obésité, la pancréatite chronique, le diabète, l’âge, la consommation d’alcool, l’alimentation et les substances chimiques. En particulier, des résultats d’études indiquant que le risque de cancer du pancréas augmente lorsque le diabète apparaît soudainement ou lorsque le diabète existant s’aggrave sont fréquemment publiés. Le pancréas est étroitement lié au diabète, car il sécrète dans le sang l’insuline et le glucagon, des hormones essentielles au contrôle de la glycémie. L’insuline fait baisser la glycémie et le glucagon l’augmente. Si une surcharge du pancréas se prolonge en raison d’épisodes fréquents d’hyperglycémie, le risque de diverses maladies, dont le cancer, peut augmenter.
Hyperglycémie chez les patients atteints de cancer : comment faire ?... Risque de sarcopénie vs hausse du risque d’infection
Lorsqu’une personne qui n’avait pas de diabète développe un cancer, un diabète peut apparaître soudainement ou une hyperglycémie peut se manifester. La Korean Diabetes Association souligne, dans ses documents, que les patients atteints de cancer et diabétiques ont souvent des difficultés à contrôler leur glycémie. Outre les changements métaboliques propres aux cellules cancéreuses, les agents de chimiothérapie anticancéreuse et l’utilisation de stéroïdes, entre autres, peuvent entraîner une augmentation rapide de la glycémie. Mais si l’on limite excessivement l’apport alimentaire pour faire baisser la glycémie, la dénutrition et la sarcopénie peuvent s’aggraver chez les patients atteints de cancer. À l’inverse, se concentrer uniquement sur la supplémentation nutritionnelle peut entraîner une augmentation du risque d’infection due à l’hyperglycémie et une baisse de la fonction immunitaire.
La plus grande épreuve pour les patients atteints de cancer reste le traitement anticancéreux, et plus précisément la chimiothérapie. Ils endurent des effets indésirables tels que nausées, vomissements, perte d’appétit, diarrhée et perte de poids. En particulier, les cytokines inflammatoires sécrétées par le cancer lui-même et par la réponse immunitaire provoquent une inflammation dans tout l’organisme et accélèrent la dégradation des graisses et des protéines musculaires. Ainsi, même si l’on apporte un apport nutritionnel et une insulinothérapie adéquats, la masse musculaire continue de diminuer. De plus, si l’hyperglycémie persiste, elle peut s’accompagner d’une inflammation chronique et d’anomalies métaboliques, entraînant une baisse de la synthèse des protéines musculaires et une accélération de leur dégradation. Le risque de sarcopénie augmente à mesure que les muscles fondent. Si le patient refuse de s’alimenter en raison de vomissements, par exemple, cela peut conduire à la dénutrition et à la sarcopénie. Dans ce processus, la masse musculaire squelettique diminue et les fonctions physiques se dégradent, ce qui peut conduire à une situation dangereuse.
Prévenir l’hyperglycémie est essentiel chez les patients atteints de cancer… « Il faut bien manger, y compris de la viande »
La Korean Diabetes Association avertit, dans ses documents, qu’imposer un contrôle strict de la glycémie à des patients dont les apports alimentaires sont irréguliers en raison des traitements anticancéreux peut provoquer une dénutrition et une hypoglycémie. Il est donc plus réaliste de se concentrer sur la prévention de l’hyperglycémie. D’après les recommandations pour les patients atteints de cancer de la European Society for Clinical Nutrition and Metabolism, un apport énergétique quotidien de 25∼30 kcal par kg de poids corporel, similaire à celui d’un adulte en bonne santé, est recommandé. Les patients atteints de cancer doivent bien s’alimenter. Il faut surveiller les variations de poids et, si nécessaire, consommer des aliments et des boissons à forte densité énergétique. Un apport suffisant en protéines aide à la récupération et est indispensable pour prévenir la perte musculaire. En concertation avec l’équipe médicale et un diététicien clinicien, si la fonction rénale ne pose pas de problème, il faut assurer un apport protéique suffisant via la viande, le poisson, les œufs, etc.
Chez les patients atteints de cancer dont la glycémie est difficile à contrôler en raison d’une résistance à l’insuline, l’utilisation du glucose par les muscles diminue. En revanche, l’utilisation des graisses reste possible : il est donc préférable d’augmenter la proportion de lipides par rapport aux glucides afin d’améliorer l’efficacité du métabolisme énergétique. L’objectif est d’aider les patients dont l’appétit est diminué à obtenir suffisamment de calories avec de petites quantités, et de réduire la charge glycémique postprandiale. Il est donc recommandé de compléter l’apport calorique avec des lipides de bonne qualité. Toutefois, le régime cétogène, qui augmente fortement la part des lipides dans l’alimentation et réduit la teneur en glucides et en protéines, nécessite de la prudence. En l’absence de carence en vitamines, la prise de vitamines ou de compléments minéraux à forte dose n’est pas recommandée.
« Le régime de prévention du cancer et le régime pendant le traitement ne sont pas les mêmes »
Pour prévenir le cancer, il est recommandé de consommer des légumes et des fruits riches en nutriments antioxydants. Mais si, une fois le cancer déclaré, on ne mange que des légumes et des fruits, cela peut entraîner une dénutrition et une sarcopénie chez le patient. Une sarcopénie sévère peut être plus dangereuse que le cancer lui-même. Les patients atteints de cancer qui suivent une chimiothérapie éprouvante doivent bien s’alimenter, même s’ils ont la nausée. Les familles des patients doivent, en concertation avec l’équipe médicale et un diététicien clinicien, élaborer un régime adapté au patient. Il est dangereux de consommer à la légère des plantes médicinales non vérifiées recommandées par un proche au motif qu’il s’agirait d’un « aliment précieux ». De même que l’alimentation est la plus importante pour prévenir et gérer le diabète, même lorsqu’on est atteint d’un cancer, bien s’alimenter permet de sortir plus tôt de l’hôpital.