Glioblastome : une survie moyenne de 15 mois… un traitement administré par voie nasale pourrait changer la donne

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Des équipes du Seoul St. Mary’s Hospital et de POSTECH développent des « nanoparticules » pour contourner la barrière hémato-encéphalique… avec une dose divisée par 18

Une équipe de recherche sud-coréenne a évalué l’efficacité d’une nouvelle approche thérapeutique consistant à inhaler un médicament par le nez. Elle pourrait permettre de dépasser les limites des chimiothérapies anticancéreuses actuelles. Photo = Getty Images Bank
Une équipe de recherche sud-coréenne a évalué l’efficacité d’une nouvelle approche thérapeutique consistant à inhaler un médicament par le nez. Elle pourrait permettre de dépasser les limites des chimiothérapies anticancéreuses actuelles. Photo = Getty Images Bank

Une nouvelle approche de traitement anticancéreux, administrée non par injection mais par inhalation nasale, est en train d’émerger. Elle vise notamment le glioblastome, dont le pronostic reste particulièrement défavorable.

Le glioblastome est la tumeur cérébrale maligne la plus fréquente chez l’adulte. Environ 65 % des tumeurs malignes prenant naissance dans le cerveau et la moelle épinière concernent des patients atteints de glioblastome. En Corée du Sud aussi, environ 1 0000 personnes reçoivent chaque année un nouveau diagnostic.

Le glioblastome est tristement réputé pour la brièveté de la survie. En Corée du Sud, la durée moyenne de survie des patients est d’environ 15 mois. Le pronostic est si mauvais que seuls 5,3 % des patients survivent plus de 10 ans après le diagnostic.

En cause : l’efficacité limitée des traitements.

Une « barrière » qui empêche la pénétration des médicaments

Le cerveau est l’organe le plus important du corps. Il contrôle l’ensemble des sensations, des pensées et des comportements.

Autour des cellules cérébrales, des capillaires et des cellules périvasculaires forment ainsi une barrière très dense. Il s’agit d’une sorte de « filtre biologique » qui empêche des substances nocives — toxines ou agents pathogènes présents dans le sang — de pénétrer dans le tissu cérébral. On l’appelle la « barrière hémato-encéphalique (Blood-Brain Barrier) ».

Problème : cette barrière bloque aussi l’entrée des médicaments.

La plupart des médicaments sont injectés dans les vaisseaux sanguins, ou ingérés puis diffusés dans le sang avant d’attaquer les cellules cancéreuses. En particulier, le « témozolomide », traitement clé du glioblastome, est une chimiothérapie orale qui pénètre dans le cerveau pour empêcher les cellules tumorales de poursuivre leur croissance. Mais, en raison de la barrière hémato-encéphalique, il arrive qu’il ne permette pas un traitement efficace malgré son administration.

Un « détour » pour franchir la barrière… par le nez ?

Récemment, une équipe conjointe du Seoul St. Mary’s Hospital et de POSTECH a mis au point une méthode consistant à administrer au patient, par le nez, des nanoparticules anticancéreuses. Des effets thérapeutiques significatifs ont déjà été observés lors d’expériences sur l’animal.

Les chercheurs sont partis d’un constat : le nerf olfactif, situé dans le nez, est relié au cerveau. En utilisant la voie nasale, il devient possible d’acheminer un médicament vers le cerveau sans passer par la barrière hémato-encéphalique.

Restait à trouver comment faire parvenir jusqu’au cerveau le médicament administré par le nez.

L’équipe a choisi d’exploiter les propriétés des aimants. Elle a posé l’hypothèse qu’en associant du témozolomide à des nanoparticules dotées de propriétés magnétiques, il serait possible de contrôler leur direction de déplacement depuis l’extérieur grâce à un champ magnétique.

Les expériences sur l’animal ont confirmé cette hypothèse. Des tests cellulaires ont montré que le « complexe »  associant nanoparticules et traitement  pénétrait efficacement jusque dans le noyau des cellules tumorales du cerveau. Par rapport au groupe témoin n’ayant reçu aucun traitement, les sujets ayant reçu le complexe et dont la direction a été guidée par un champ magnétique ont présenté une durée de survie environ 2,7 fois plus longue.

Plus important encore, la dose administrée a été réduite. La quantité de médicament utilisée dans ce complexe ne représentait qu’« un dix-huitième » de celle employée dans les traitements existants.  Cela signifie que le mode d’acheminement du médicament mis au jour par l’équipe a fortement amélioré l’efficacité du traitement.

Yang Seung-ho, professeur de neurochirurgie au Seoul St. Mary’s Hospital, qui a mené ces travaux, a déclaré : « Nous avons confirmé que l’administration d’un médicament par le nez permet de résoudre efficacement les problèmes des traitements anticancéreux existants. À un moment où le nombre de patients atteints d’autres types de tumeurs cérébrales augmente, au-delà du seul glioblastome, ces recherches revêtent une valeur scientifique certaine. »

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