Anévrisme de l’aorte abdominale : pourquoi les hommes fumeurs de 65 ans et plus doivent-ils se faire dépister ?

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Souvent silencieux, il peut être fatal en cas de rupture : l’échographie abdominale ou le scanner permettent de mesurer le diamètre du vaisseau

Lorsque l’anévrisme de l’aorte abdominale se dilate, des symptômes peuvent apparaître, comme des douleurs au niveau de l’abdomen, du bas du dos ou des flancs, ou la perception, dans le ventre, d’une masse pulsatile battant comme un cœur. Photo = Getty Image Bank
Lorsque l’anévrisme de l’aorte abdominale se dilate, des symptômes peuvent apparaître, comme des douleurs au niveau de l’abdomen, du bas du dos ou des flancs, ou la perception, dans le ventre, d’une masse pulsatile battant comme un cœur. Photo = Getty Image Bank

Des douleurs persistantes au niveau de l’abdomen, du bas du dos ou des flancs, ou encore la sensation d’avoir le ventre « plein » ne relèvent pas toujours d’un simple mal de ventre ou d’un état grippal. Dans certains cas, ces signes peuvent annoncer une urgence : l’augmentation de la taille d’un anévrisme de l’aorte abdominale. 

L’anévrisme de l’aorte abdominale est une maladie dans laquelle l’aorte, le plus gros vaisseau sanguin transportant le sang du cœur vers l’ensemble du corps, se dilate de manière anormale. Lorsque la paroi de l’aorte s’amincit et continue de se gonfler comme un ballon, le vaisseau peut ne plus supporter la pression interne et se rompre.

Cho Jin-hyun, professeur de chirurgie vasculaire à l’hôpital universitaire Kyung Hee de Gangdong, explique : « En cas de rupture d’un anévrisme de l’aorte abdominale, une hémorragie massive survient, et le danger est tel que plus de la moitié des patients peuvent mourir avant même d’arriver à l’hôpital. » Il ajoute : « Lorsqu’un anévrisme de l’aorte abdominale est détecté, un suivi régulier et la gestion des facteurs de risque sont essentiels. » 

D’après les statistiques du Service d’examen et d’évaluation de l’assurance maladie, le nombre de patients ayant reçu des soins pour un anévrisme de l’aorte abdominale est passé de 10 630 en 2020 à 15 650 en 2025, soit une forte hausse.

L’anévrisme de l’aorte abdominale est difficile à repérer, car il ne provoque généralement pas de symptômes nets avant la rupture. Il est ainsi souvent découvert fortuitement, lors d’un bilan de santé ou d’examens réalisés pour une autre maladie, alors que la personne ne ressent généralement aucune douleur particulière. Le Pr Cho insiste : « Si l’on appartient à un groupe à haut risque d’anévrisme de l’aorte abdominale, il est nécessaire d’envisager un dépistage précoce, notamment en vérifiant la taille et la forme du vaisseau par échographie abdominale ou scanner. » 

Les hommes de 65 ans et plus ayant des antécédents de tabagisme constituent un groupe typique à haut risque d’anévrisme de l’aorte abdominale. Les personnes présentant des maladies sous-jacentes comme l’hypertension, l’hyperlipidémie ou l’athérosclérose, ou ayant des antécédents familiaux, ont également intérêt à effectuer un dépistage précoce avant l’apparition de symptômes. 

Si un anévrisme de l’aorte abdominale est détecté, un traitement peut être envisagé — chirurgie ouverte, pose de stent, etc. — en fonction du diamètre de l’aorte abdominale ou de la vitesse d’augmentation de taille du vaisseau. Récemment, des traitements hybrides combinant les avantages de la chirurgie ouverte et du traitement par stent sont également utilisés. Le Pr Cho précise : « Il s’agit d’une approche qui réduit l’étendue de l’intervention tout en améliorant l’efficacité du traitement ; elle peut être appliquée de manière sélective en tenant compte de l’anatomie vasculaire et de l’état général du patient. » 

Après une intervention ou une opération, il faut gérer soigneusement ses habitudes de vie afin de prévenir le risque de récidive. Avant tout, l’arrêt du tabac est indispensable. Le Pr Cho conseille : « Le tabagisme fragilise la paroi des vaisseaux et provoque une inflammation ; il faut donc impérativement arrêter de fumer. » Il précise : « En outre, la maîtrise de la tension artérielle et du cholestérol, ainsi qu’une activité physique régulière, doivent absolument être menées de front. »  

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