Stéatose hépatique sans alcool ? Les jeunes femmes aux symptômes dépressifs marqués davantage exposées

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L’hôpital Kangbuk Samsung a suivi 170 981 personnes : un risque accru de 20 % chez les femmes de moins de 45 ans

Plus les symptômes dépressifs sont sévères, plus le risque de stéatose hépatique associée à des anomalies métaboliques augmente. Cette tendance est particulièrement nette chez les jeunes femmes. Photo = Getty Images Bank

La stéatose hépatique s’est imposée comme une maladie chronique fréquente en Corée du Sud.

La stéatose hépatique correspond à une accumulation excessive de graisse dans le foie. En général, on parle de stéatose lorsque la graisse représente au moins 5 % du poids total du foie. Des estimations récentes indiquent qu’environ 30 à 40 % des adultes sud-coréens en souffrent.

On associe souvent la stéatose hépatique à une consommation importante d’alcool, mais elle peut survenir même chez les personnes qui ne boivent pas ou peu. Dans la plupart des cas, elle est liée à l’obésité, au diabète ou à d’autres facteurs, et ce type de stéatose est appelé « maladie du foie gras associée à des anomalies métaboliques (MASLD) ».

Sans prise en charge, cette maladie peut évoluer vers une maladie hépatique chronique ou un cancer du foie. Elle influence aussi la survenue de maladies cardiovasculaires.

Une étude récente montre que plus les « symptômes dépressifs » s’aggravent, plus le risque de développer une MASLD augmente.

En cas de dépression, faire vérifier sa santé hépatique

Une équipe de l’hôpital Kangbuk Samsung a examiné le lien entre symptômes dépressifs et risque de stéatose hépatique chez 170 981 adultes ayant effectué un bilan de santé dans les centres de dépistage général de l’établissement à Seoul et à Suwon, entre mars 2011 et octobre 2023, et ayant bénéficié d’au moins un examen de suivi.

Le suivi, d’une durée moyenne de 5,4 ans, montre que, chez les hommes comme chez les femmes, le risque de stéatose hépatique augmente avec la sévérité des symptômes dépressifs. La hausse est particulièrement marquée chez les femmes.

Les chercheurs ont réparti les participants selon leur score à un questionnaire (test de dépistage des symptômes dépressifs). Un score inférieur à 8 correspondait au groupe « normal », un score de 8 à 15 au groupe présentant des symptômes dépressifs légers, et un score d’au moins 16 au groupe à haut risque de symptômes dépressifs.

Résultat : chez les hommes, le risque de stéatose hépatique était supérieur de 3 % dans le groupe « dépression légère » par rapport au groupe normal, et de 6 % dans le groupe « dépression ».

Chez les femmes, l’augmentation était plus importante : +5 % dans le groupe « dépression légère » et +18 % dans le groupe « dépression ».

Le risque le plus net concernait les femmes de moins de 45 ans. Parmi elles, les participantes du groupe « dépression » présentaient un risque de stéatose hépatique supérieur de 20 %.

La dépression perturbe le système hormonal et le système immunitaire

L’équipe de recherche souligne que l’état physique des patients dépressifs se modifie réellement.

Kim Eun-soo, professeur au service de psychiatrie de l’hôpital Kangbuk Samsung, insiste : « La dépression ne se limite pas à une souffrance psychique. C’est une maladie qui perturbe le système de sécrétion hormonale et le système immunitaire du patient, menaçant l’ensemble de sa santé physique. »

En pratique, on sait que chez les patients dépressifs, la sécrétion de sérotonine — souvent appelée « hormone du bonheur » — tend à diminuer. La sérotonine est un neurotransmetteur cérébral qui régule les émotions, le sommeil et l’appétit. Lorsqu’elle vient à manquer, de l’anxiété et de l’insomnie peuvent apparaître.

À l’inverse, le cortisol (hormone du stress) a tendance à être sécrété de manière chronique en excès chez les patients dépressifs. Lorsque le cortisol est libéré en continu pour faire face au stress, l’immunité diminue.

Son Won, professeur au service de gastro-entérologie de l’hôpital Kangbuk Samsung, explique : « Jusqu’ici, nous mettions surtout en garde contre le risque de stéatose hépatique chez les femmes après la ménopause, lorsque les hormones féminines diminuent. Mais même chez les jeunes femmes avant la ménopause, la dépression peut fragiliser la santé métabolique. »

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