Les personnes porteuses d’un « gène de longévité » ont-elles un point commun dans leur assiette ? « Moins de plats salés et davantage de “ceci” »

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Une équipe de recherche américaine : « L’influence des habitudes alimentaires sur l’espérance de vie est aussi importante que celle des gènes »

Une étude montre que les personnes dont les parents ont vécu au-delà de 100 ans consomment beaucoup de poisson. Photo = Getty Image Bank
Une étude montre que les personnes dont les parents ont vécu au-delà de 100 ans consomment beaucoup de poisson. Photo = Getty Image Bank

Il a été constaté que les enfants de personnes ayant vécu au-delà de 100 ans ont en commun une consommation élevée de poisson.

De façon générale, lorsque les parents vivent longtemps, on sait que leurs enfants ont eux aussi davantage de chances de vivre plus longtemps. Cela s’explique par l’avantage d’hériter de gènes favorables à la longévité et par une probabilité plus élevée d’adopter, au contact de leurs parents, des habitudes de vie saines. En particulier, les « habitudes alimentaires » étant liées à l’apparition de diverses maladies, les personnes qui, sous l’influence de leurs parents, maintiennent une alimentation saine ont tendance à présenter une espérance de vie moyenne plus longue.

Une équipe de recherche conjointe, à laquelle ont participé le Human Nutrition Research Center on Aging de l’université Tufts ainsi que les universités Harvard et Boston, a examiné les habitudes alimentaires des enfants dont les parents avaient plus de 100 ans, puis les a converties en score à l’aide d’un « indice d’alimentation saine », afin de vérifier cette tendance. L’équipe a ensuite comparé ces résultats à la moyenne de la population générale, calculée à partir de l’enquête nationale américaine sur la santé et la nutrition.

L’indice d’alimentation saine attribue un score selon le critère « dans quelle mesure une personne privilégie une alimentation saine ». Plus on consomme de fruits et de légumes en quantité suffisante, plus on privilégie la viande blanche plutôt que la viande rouge, et plus on limite l’alcool et les boissons gazeuses, plus le score augmente.

Le résultat a été inattendu. L’indice d’alimentation saine des enfants de parents longévifs ne présentait pas de différence significative par rapport à la moyenne des Américains. Pire encore, il est apparu qu’ils consommaient moins de céréales complètes ou de produits laitiers que ne le recommandent les directives, ce qui suggère des habitudes alimentaires quelque peu déséquilibrées.

Cependant, plusieurs points communs ont été observés chez les enfants de parents longévifs. Selon l’équipe, ces enfants avaient un apport en protéines provenant des produits de la mer, dont le poisson, plus élevé que celui de la moyenne des Américains du même âge, et nombreux étaient ceux qui incluaient des fruits et des légumes dans leur alimentation. En revanche, leur consommation de sucre et de sodium était inférieure à la moyenne nationale.

L’équipe a expliqué : « Ce type d’alimentation contribue à réduire fortement le risque d’AVC, de démence et de diabète », ajoutant qu’il « est très probable qu’elle renforce le “gène de longévité” hérité des parents ».

En effet, le poisson est riche en oméga-3, en protéines et en acides gras polyinsaturés. En consommant du poisson régulièrement 2 à 3 fois par semaine, à raison d’environ 80 à 100 g par portion, on favorise la circulation sanguine et l’amélioration des fonctions cérébrales. En revanche, manger tous les jours de gros poissons comme le thon ou l’espadon peut, au contraire, augmenter le risque d’accumulation de métaux lourds dans l’organisme.

Erfei Zhao, chercheur postdoctoral à l’université Tufts et premier auteur de cette étude, a déclaré : « Les facteurs génétiques ont une influence majeure sur la longévité, mais lorsque s’y ajoutent des habitudes alimentaires appropriées, l’effet peut être bien plus important. »

Les résultats de cette étude ont été récemment publiés dans la revue scientifique internationale 〈Innovation in Aging〉.

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