Pendant plus de vingt ans, il a fait incinérer la graisse abdominale : à ses yeux, c’était un trésor

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Pourquoi le Dr Kim Jeong-eun, spécialiste de la liposuccion, publie un livre sur les cellules souches adipeuses

Le Dr Kim Jeong-eun, directeur du Centre des cellules souches adipeuses de 365mc, pose lors de la cérémonie de lancement du livre « 《Cellules souches adipeuses, le secret de la jeunesse caché dans la graisse du ventre》 », le 24 juin. Photo = 365mc

Kim Jeong-eun, directeur général de 365mc, a vu la même scène se répéter pendant des années. Une fois la liposuccion terminée, la graisse d’origine humaine extraite du corps partait systématiquement à l’incinération.

Après plus de vingt ans de ce rituel, une question s’est imposée : cette graisse devait-elle vraiment finir à la poubelle, sans autre option ?

Sa conclusion a été exactement inverse. Cette graisse constitue, selon lui, une ressource pour la médecine régénérative de demain, riche en cellules souches et en collagène. Il vient de développer cette idée dans un livre.

Le gouvernement et l’Assemblée nationale ont, eux aussi, fait évoluer le cadre. Le 18 juin, en séance plénière, l’Assemblée nationale a adopté un amendement à la loi sur la gestion des déchets : il retire la graisse d’origine humaine de la liste des matériaux dont le recyclage est interdit.

Un renversement raconté dans un livre

365mc, établissement médical spécialisé dans la liposuccion, a organisé le 24 juin une cérémonie de lancement dans le grand auditorium de l’hôpital St. Mary de Seoul, dans l’arrondissement de Seocho. L’événement célébrait la parution de l’ouvrage « 《Cellules souches adipeuses, le secret de la jeunesse caché dans la graisse du ventre》 », dont le Dr Kim est l’auteur principal. Kim Nam-cheol, PDG de 365mc, Kim Ha-jin, président du Conseil des directeurs médicaux de 365mc, So Jae-yong, directeur de l’hôpital Seoul 365mc, et Ahn Jae-hyeon, directeur de l’hôpital Global 365mc Incheon, y ont également contribué comme co-auteurs.

Sur place, des lecteurs intéressés par l’anti-âge et la médecine régénérative se sont pressés. Présentation des auteurs, séance de dédicaces et temps d’échanges « Demandez-nous n’importe quoi » se sont enchaînés.

Le directeur général Kim a de nouveau martelé que la graisse d’origine humaine issue d’une liposuccion n’est pas un simple déchet, mais peut devenir un actif précieux pour la médecine régénérative.

Lors de la cérémonie de lancement du livre « Cellules souches adipeuses, le secret de la jeunesse caché dans la graisse du ventre », des responsables de 365mc ayant participé à l’écriture posent pour une photo souvenir. (En haut à gauche, de gauche à droite) △Ahn Jae-hyeon, directeur de l’hôpital Global 365mc Incheon △Kim Nam-cheol, PDG de 365mc Co., Ltd. △So Jae-yong, directeur de l’hôpital Seoul 365mc (En bas à gauche, de gauche à droite) △Son Bo-deu-ri, directeur de la clinique 365mc Yeongdeungpo △Kim Jeong-eun, directeur du Centre des cellules souches adipeuses de 365mc △Chae Gyu-hee, directrice de la clinique 365mc Nowon △Kim Ha-jin, président du Conseil des directeurs médicaux de 365mc. Photo = 365mc

Une porte qui s’ouvre après six ans

Cette affirmation s’appuie sur des éléments concrets. Le tissu adipeux renferme, outre des cellules souches, divers facteurs de croissance et cytokines. Il est aussi riche en matrice extracellulaire (ECM). L’ECM est une structure composée de collagène et de différentes protéines. Elle crée l’environnement dans lequel les cellules s’installent et se développent, et elle est considérée comme un composant de base de la régénération tissulaire.

Jusqu’ici, parmi les déchets médicaux, seul le placenta faisait exception : son recyclage à des fins de fabrication de médicaments était autorisé. Avec cet amendement, une base légale est désormais prévue pour utiliser la graisse d’origine humaine, selon des usages et des méthodes fixés par décret présidentiel, dans la recherche-développement et la production de médicaments et de dispositifs médicaux.

Cela ne signifie toutefois pas que les établissements de santé pourront, dès maintenant, recycler librement la graisse sur le terrain. Les dispositions correspondantes n’entreront en vigueur qu’un an après leur promulgation. Les ministères concernés devront mettre en place un dispositif de contrôle de la sécurité et de l’éthique tout au long des étapes de prélèvement, de conservation, de transformation et d’utilisation.

Le débat sur l’utilisation de la graisse d’origine humaine comme ressource médicale n’est, en réalité, pas nouveau. En 2020, le gouvernement avait présenté, dans son « plan d’amélioration des principales réglementations du bio-santé », l’autorisation du recyclage des graisses humaines résiduelles comme un chantier à mener. Au cours de la 21e législature, des textes ont aussi été déposés, mais ils n’ont pas franchi l’obstacle, en raison de critiques portant sur l’éthique, les risques d’infection et la possibilité de circuits illégaux. L’adoption de cet amendement est significative en ce qu’elle fait entrer, dans le cadre institutionnel, un débat répété pendant près de 20 ans.

Un marché en expansion, des attentes encore prématurées

Le secteur industriel suit également cette dynamique. L’ECM est récemment évoquée comme pouvant être utilisée dans des skin boosters visant l’élasticité cutanée et un environnement favorable à la régénération tissulaire, dans des pansements de recouvrement de plaies, ou encore comme matériau pour des dispositifs médicaux.

Shinhan Investment Corp. a estimé que le marché sud-coréen des skin boosters à base d’ECM passerait de 9,9 milliards de wons en 2025 à 172,9 milliards de wons en 2027. Il s’agit toutefois d’une projection pour l’ensemble des skin boosters à base d’ECM, et non du seul segment de l’ECM issue de la graisse. Il faut comprendre que l’ajout de l’ECM adipeuse pourrait encore accroître ce marché.

Des entreprises concernées examineraient également la possibilité de commercialiser des produits à base d’ECM adipeuse. Le rythme de la mise sur le marché ne pourra être évalué qu’une fois, après l’entrée en vigueur de la loi, les critères de gestion et le système d’approvisionnement en matières premières établis.

23 ans à ne s’occuper que de la graisse

Depuis son ouverture en 2003 à Nowon, à Seoul, 365mc s’est concentré sur un seul domaine : l’obésité et la liposuccion. Le groupe s’est ainsi imposé comme le premier établissement médical spécialisé dans l’obésité, au niveau hospitalier, en Corée du Sud. Cette accumulation a servi de socle à l’ouvrage.

Selon 365mc, l’établissement a développé en 2014 l’injection d’extraction de graisse LAMS, puis, en 2017, a présenté avec Microsoft un système de liposuccion fondé sur l’intelligence artificielle. Lors de son 20e anniversaire, en 2023, il avait annoncé avoir dépassé 6 millions d’actes cumulés et un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards de wons.

L’hôpital a également indiqué que, l’an dernier, le Centre des cellules souches adipeuses de 365mc avait été désigné par le ministère de la Santé et du Bien-être comme établissement habilité à pratiquer la médecine régénérative avancée. Cette désignation signifie que les critères requis en matière d’infrastructures, de personnel et d’équipements pour mener des essais cliniques et des recherches en médecine régénérative sont remplis. Elle ne signifie pas qu’un effet esthétique ou anti-âge spécifique a été démontré.

Cette nouveauté éditoriale est le résultat d’un effort visant à rendre accessibles au grand public 23 années de recherches sur la graisse. Le livre aborde des notions de base, comme le rendement en cellules souches de la graisse et les méthodes de prélèvement. Il présente aussi des cas d’application clinique, notamment l’anti-âge via des skin boosters et des exemples visant à améliorer le taux de prise des greffes de graisse au niveau de la poitrine et du bassin. Il évoque également des cas liés à la qualité de vie, comme l’amélioration de la chute de cheveux ou de l’acné, ainsi que la gestion de la forme physique par perfusion intraveineuse.

Il faut toutefois considérer ces éléments au niveau de l’expérience clinique et des possibilités d’application présentées par l’établissement. Il est difficile d’y voir, dans tous les domaines, des traitements standards établis par de vastes études.

Lors de la cérémonie de lancement du livre « Cellules souches adipeuses, le secret de la jeunesse caché dans la graisse du ventre », le Dr Kim Jeong-eun, du Centre des cellules souches adipeuses de 365mc, dédicace un exemplaire à un lecteur. Photo = 365mc

« Nous continuerons à accumuler des preuves scientifiques »

Le Dr Kim Jeong-eun a déclaré : « C’était un moment précieux, car j’ai pu transmettre le contenu du livre et entendre les avis du terrain », avant d’ajouter : « À l’avenir, en tant qu’établissement médical qui ne recherche qu’une seule chose — la graisse —, nous continuerons à faire connaître la valeur clinique des cellules souches adipeuses tout en accumulant régulièrement des preuves scientifiques. »

La graisse reste un signal de risque pour l’obésité et les maladies métaboliques. Mais une fois sortie du corps, la graisse d’origine humaine se retrouve à une autre bifurcation : un déchet à incinérer, ou une ressource qui, après un dispositif de gestion sûr, peut servir de matériau pour la recherche et les traitements.

La loi a ouvert la porte. Le seuil, lui, demeure. L’enjeu, désormais, n’est pas une attente portée par la promesse d’efficacité, mais l’accumulation rigoureuse de preuves et de garanties de sécurité, du prélèvement à la transformation, jusqu’à l’application clinique.

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