
La saison estivale des activités aquatiques est de retour.
Avant de profiter pleinement des vacances, mieux vaut faire le point sur la santé de ses yeux. Avec les conseils du Dr Lee Seung-il, directeur de la clinique ophtalmologique Cheongdo Samsung Eye Clinic, tour d’horizon des principales affections oculaires de l’été et des bons réflexes de prévention et de prise en charge.
UV, dangereux non seulement pour la peau, mais aussi pour les yeux
Quand on parle de protection contre les UV en été, on pense souvent d’abord à la peau. Les yeux, eux aussi, restent vulnérables aux ultraviolets.
Les UV comptent parmi les principaux facteurs environnementaux : ils provoquent un stress oxydatif dans les tissus oculaires, entraînant la dénaturation des protéines et des lésions cellulaires.
Ils peuvent altérer le cristallin et augmenter le risque de cataracte, mais aussi endommager les cellules de la macula, au centre de la rétine, ce qui peut conduire à une baisse de la vision, voire à la cécité. Ils augmentent également les espèces réactives de l’oxygène (ROS) à l’intérieur de l’œil, accélérant le vieillissement et favorisant l’inflammation.
Au moment de choisir des lunettes de soleil, indispensables en été, il faut donc d’abord regarder le taux de protection UV, la teinte des verres et l’usage prévu, plutôt que le design.
Premier critère essentiel : vérifier la certification UV400. Il faut s’assurer de la mention « UV400 », qui signifie un taux de blocage des UV de 99 à 100 %. Même des verres transparents bloquent totalement les UV s’ils sont certifiés UV400.
Autre point à connaître : des verres plus foncés ne garantissent pas une meilleure protection contre les UV. Pour choisir la teinte, il faut moins se demander « à quel point c’est sombre » que « est-ce adapté à la situation (conduite, activités de plein air, etc.) », afin d’améliorer les contrastes et de réduire la fatigue visuelle.
Conjonctivites très contagieuses, « se laver les mains » et « séparer les serviettes » sont essentiels
En été, pour des affections fréquentes comme la kératoconjonctivite épidémique ou la conjonctivite à adénovirus, il est crucial de couper les voies de transmission du virus via les yeux, les mains et les objets.
Les adénovirus sont particulièrement résistants : ils peuvent survivre de quelques heures à plusieurs jours sur les surfaces, ce qui facilite la contamination par les mains. Se laver les mains au savon pendant au moins 30 secondes après être sorti ou avant de toucher ses yeux suffit déjà à réduire fortement le risque d’infection.
La conjonctivite épidémique se manifeste principalement par une rougeur conjonctivale, des démangeaisons, des douleurs, des sécrétions, une sensation de corps étranger. Elle apparaît souvent d’abord dans un seul œil, puis gagne l’autre après quelques jours. Le taux de contamination secondaire au sein du foyer étant très élevé, personnes infectées comme non infectées doivent éviter de partager serviettes, oreillers, télécommandes, etc., et ne pas se frotter les yeux avec les mains.
Éviter les lentilles de contact lors des activités aquatiques
Porter des lentilles de contact pendant les activités aquatiques constitue une cause majeure d’affections oculaires.
Le chlore présent dans l’eau des piscines tue certes des bactéries, mais il peut endommager la barrière protectrice de l’œil (le film lacrymal) et irriter la cornée et la conjonctive. Si vous avez nagé avec des lentilles, il faut les retirer immédiatement après et rincer les yeux avec des larmes artificielles.
Le souffle de la climatisation favorise la sécheresse oculaire… il faut cligner des yeux plus souvent, consciemment
En été, l’usage prolongé de la climatisation abaisse l’humidité intérieure et peut provoquer une sécheresse oculaire. Lorsque l’air froid de la climatisation atteint directement les yeux, l’évaporation du film lacrymal s’accélère encore.
Pour prévenir la sensation de sécheresse en intérieur, il faut orienter la climatisation pour que l’air ne souffle pas directement sur le visage et, en environnement climatisé, penser à cligner des yeux plus souvent ou à instiller des larmes artificielles. Éviter de trop abaisser la température intérieure peut aussi aider.
Conservation des collyres en été : au-delà de 30 ℃, l’efficacité diminue
En été, chaud et humide, il faut aussi redoubler de vigilance pour la conservation des médicaments.
Laisser des larmes artificielles ou des collyres sur ordonnance à une température élevée de 30 ℃ ou plus, à l’intérieur d’un véhicule ou à l’extérieur, entraîne la dégradation des conservateurs et des principes actifs. Cela réduit l’efficacité du produit et peut provoquer des effets indésirables, comme une sensation d’irritation ou des allergies. En été, la température à l’intérieur d’une voiture peut monter jusqu’à 60 ℃, ce qui impose une attention particulière.
Sauf pour certains collyres antiglaucomateux qui doivent impérativement être conservés au réfrigérateur, la règle est de stocker la plupart des collyres à température ambiante, au frais, à l’abri de la lumière directe. En particulier, les larmes artificielles en unidoses sans conservateur doivent être utilisées immédiatement après ouverture, puis le reste du liquide doit être jeté.
Par ailleurs, les larmes artificielles peuvent être utilisées au besoin, mais il faut respecter les modalités d’emploi. Une instillation trop fréquente peut aussi éliminer la couche mucinique qui aide à maintenir le film lacrymal et, au contraire, gêner l’amélioration des symptômes.
