
Selon les données publiées en janvier par le Registre central coréen du cancer, en Corée du Sud, le cancer de l’estomac a totalisé 28 0943 nouveaux cas (en 2023) chez les hommes et les femmes confondus. Il représentait 10 % de l’ensemble des cancers et se classait au 5e rang. Le nombre de patients s’élevait à 19 0295 chez les hommes, ce qui en faisait le 3e cancer masculin. Chez les femmes, il atteignait 9 0648, au 5e rang des cancers féminins. Longtemps premier cancer en nombre, le cancer de l’estomac recule récemment, sous l’effet notamment de la réduction des aliments salés et des aliments brûlés, ainsi que du dépistage par endoscopie gastrique. Mais la faible survie des patientes de moins de 50 ans est désormais identifiée comme un enjeu majeur.
Cancer de l’estomac chez les femmes d’âge mûr… pourquoi un dépistage précoce difficile et des traitements complexes ?
La survie des patientes atteintes d’un cancer de l’estomac âgées de moins de 50 ans apparaît inférieure à celle des hommes. Dans un article, l’équipe de recherche du service de gastro-entérologie du Seoul National University Bundang Hospital indique que, chez les patientes, la survie devient plus élevée que celle des hommes à partir de 60 ans. En revanche, avant 50 ans, elle est plus faible que celle des hommes. Cette conclusion repose sur l’analyse, par l’équipe, des différences de survie selon le sexe, l’âge et la forme histologique de la tumeur, chez 14 0839 patients diagnostiqués d’un cancer de l’estomac dans cet hôpital (2003-2023).
Comment expliquer ces écarts de survie selon l’âge ? Les chercheurs ont examiné la forme histologique du cancer de l’estomac. Chez les femmes, la proportion de cancers « diffus », dont les cellules se disséminent le long de la paroi gastrique, était plus élevée que chez les hommes. Chez les femmes de moins de 40 ans, ce type de tissu tumoral atteignait même 80 %. Le cancer gastrique diffus est plus difficile à détecter précocement que le cancer « intestinal », dans lequel les cellules cancéreuses forment une masse. Les traitements sont également plus complexes, ce qui se traduit par une survie plus faible. « Les personnes présentant des facteurs de risque de cancer de l’estomac, comme la génétique ou une infection à Helicobacter pylori, ont besoin d’un suivi régulier et de mesures de prévention », souligne l’équipe.
Difficile de le détecter tôt à partir des symptômes… une indigestion fréquente peut-elle être un signe de cancer ?
Ce qui rend le cancer redoutable, c’est qu’au début il provoque rarement des symptômes, ce qui complique le dépistage précoce. Le cancer de l’estomac ne fait pas exception. Même en cas de légère gêne gastrique, il est difficile de le distinguer d’une simple indigestion. Une sensation d’inconfort dans la partie supérieure de l’abdomen, des ballonnements, une douleur légère, une dyspepsie, une perte d’appétit, une perte de poids ou une anémie peuvent apparaître. Comme le cancer de l’estomac à un stade précoce ne s’accompagne le plus souvent d’aucun symptôme particulier, il est généralement découvert fortuitement lors d’un examen de santé. Les femmes de 20 à 40 ans doivent elles aussi recourir régulièrement à une endoscopie gastrique si elles présentent des facteurs de risque.
Que mangez-vous au quotidien ?… aliments qui augmentent le risque de cancer vs aliments qui le préviennent
Les facteurs qui augmentent le risque de survenue du cancer de l’estomac incluent l’infection par Helicobacter pylori, la consommation d’aliments salés, d’aliments brûlés et de viandes transformées, le tabagisme, l’alcool et les antécédents familiaux. Ils provoquent une inflammation de la muqueuse gastrique et accroissent le risque de cancer. Les personnes qui consomment beaucoup d’aliments salés présentent un risque de cancer de l’estomac 4,5 fois plus élevé que celles qui en consomment peu (données de la Société coréenne du cancer gastrique). La baisse récente du cancer de l’estomac semble aussi liée à des habitudes alimentaires qui incluent moins d’aliments conservés dans le sel qu’auparavant. Les viandes transformées, comme les saucisses et le jambon, sont classées comme cancérogènes du groupe 1 par un institut relevant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le tabagisme a également un effet délétère sur la muqueuse gastrique.
Pour prévenir le cancer de l’estomac, il est recommandé de consommer régulièrement des légumes et des fruits frais, qui freinent l’oxydation (les dommages) de la muqueuse gastrique. Les légumes de la famille des Alliacées (ciboule, ail, oignon, ciboulette, etc.) et les fruits frais, en particulier, réduisent le risque de cancer de l’estomac. En revanche, les compléments nutritionnels fabriqués en usine ne semblent pas avoir d’effet préventif clairement établi contre le cancer. Il est donc préférable de réduire les facteurs de risque évoqués plus haut, de consommer suffisamment de légumes et de fruits à l’état naturel, et de limiter le sel dans l’alimentation pour prévenir le cancer de l’estomac.