« Boule dure dans le sein ? Avant de la faire retirer, ce qu’il faut savoir » : les repères d’un chirurgien du sein

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Le Dr Park Seong-moon : « Pour un nodule mammaire, la règle est de vérifier d’abord s’il s’agit d’un cancer avant d’opérer »

Le Dr Park Seong-moon explique que, lorsqu’il indique clairement à la patiente, à partir des examens d’imagerie, à quel repère (catégorie BI-RADS) correspond sa situation, l’anxiété diminue et l’adhésion au traitement s’améliore nettement. Photo = clinique Yu-bam de chirurgie mammaire
Le Dr Park Seong-moon explique que, lorsqu’il indique clairement à la patiente, à partir des examens d’imagerie, à quel repère (catégorie BI-RADS) correspond sa situation, l’anxiété diminue et l’adhésion au traitement s’améliore nettement. Photo = clinique Yu-bam de chirurgie mammaire

Lors d’un bilan de santé, 20 à 30% des femmes en Corée se voient signaler la présence d’un nodule (masse) ou d’un kyste (poche liquidienne) au sein. Le phénomène est fréquent, mais il inquiète, car certaines lésions mammaires peuvent évoluer vers un cancer du sein. Faut-il, pour autant, retirer systématiquement toute masse détectée dans le sein ?

Le Dr Park Seong-moon, directeur de la clinique Yu-bam de chirurgie mammaire à Noryangjin (ancien professeur de chirurgie mammaire au Samsung Medical Center), insiste : « Découvrir une masse ou un nodule dans le sein ne signifie pas qu’il faille tout retirer » ; « avant de décider d’une ablation, il est essentiel d’établir un diagnostic précis pour savoir “de quoi il s’agit” ».

Après une longue carrière dans un hôpital universitaire, le Dr Park a choisi d’ouvrir son cabinet. Il dit avoir constaté qu’un système saturé par les cas graves laisse souvent les patientes atteintes de pathologies non graves peiner à accéder aux soins. « Je voulais aider de plus près les personnes autour de moi », explique-t-il dans un entretien.

◇ Examens du sein : par quoi commencer ?

Pour le Dr Park, la première étape de la prise en charge des maladies du sein reste le dépistage. « La mammographie incluse dans le bilan national de santé est l’examen de référence dont l’efficacité dans la réduction de la mortalité liée au cancer du sein a été démontrée dans le monde entier », rappelle-t-il.

Mais, chez la majorité des femmes en Corée, qui présentent des « seins denses », la mammographie seule peut montrer ses limites. Dans ces seins, où le tissu glandulaire est très développé, l’image mammographique apparaît globalement blanche, ce qui peut masquer une tumeur cancéreuse ou un nodule dans les tissus. « Dans ce contexte, l’examen complémentaire, c’est précisément l’échographie », indique le Dr Park, qui recommande de considérer mammographie et échographie comme les examens de base.

◇ Douleur thoracique, boule… quels signes doivent faire suspecter un cancer du sein ?

Le Dr Park présente un équipement STX permettant de visualiser en 3D la localisation des lésions mammaires. Photo = la journaliste Kim Da-jeong
Le Dr Park présente un équipement STX permettant de visualiser en 3D la localisation des lésions mammaires. Photo = la journaliste Kim Da-jeong

Quand une douleur apparaît dans la poitrine ou qu’une boule est palpable, beaucoup pensent d’abord au cancer du sein. Or, selon le Dr Park, « une douleur bilatérale des seins, souvent ressentie comme des décharges, liée au cycle menstruel, correspond le plus souvent à un phénomène physiologique normal ». Il ajoute toutefois que « si la douleur persiste ou s’aggrave progressivement, une étiologie maligne doit également être envisagée ».

Le raisonnement vaut aussi pour les boules. Si les contours sont lisses, la forme arrondie et la consistance souple, la probabilité d’une lésion bénigne est élevée. À l’inverse, une masse à la surface irrégulière, dure, adhérente aux tissus voisins et peu mobile doit faire suspecter une lésion maligne.

« Comme il peut être difficile pour la patiente de faire une distinction claire par elle-même, il est important de consulter un spécialiste », insiste le Dr Park. Un écoulement au niveau du mamelon, une peau du sein qui se creuse, ou un aspect en « peau d’orange » peuvent également être des signaux de tumeur maligne.

Le Dr Park souligne tout particulièrement l’importance du diagnostic précoce. « Plus le diagnostic est tardif, plus le taux de guérison diminue et plus le risque de récidive augmente. Si quelque chose vous inquiète et que vous vous dites “je ne sais pas”, il faut se faire diagnostiquer rapidement », martèle-t-il.

◇ En cas de nodule, faut-il forcément opérer ?

La classification internationale standard « BI-RADS ». Elle évalue par étapes le risque de malignité (cancer) d’un nodule mammaire et sert d’indicateur pour décider de la suite, comme une « surveillance » ou des « examens approfondis ». Photo = la journaliste Kim Da-jeong
La classification internationale standard « BI-RADS ». Elle évalue par étapes le risque de malignité (cancer) d’un nodule mammaire et sert d’indicateur pour décider de la suite, comme une « surveillance » ou des « examens approfondis ». Photo = la journaliste Kim Da-jeong

Le Dr Park précise : « Les nodules relevant d’une catégorie inférieure à 3 selon le BI-RADS, standard international, présentent une probabilité très faible de survenue d’un cancer ; une simple surveillance régulière suffit » ; et « pour les lésions de catégorie 4 ou plus, dont le risque de malignité est d’au moins 2%, le principe est de confirmer d’abord la présence ou non d’un cancer par biopsie, puis de décider d’une intervention ».

Même si la biopsie conclut à une « tumeur bénigne », une opération peut s’avérer nécessaire. Le Dr Park explique : « S’il s’agit d’une lésion à fort potentiel d’évolution vers un cancer, comme des “cellules atypiques”, ou si, lors de la surveillance, la taille augmente de manière notable et continue, il faut retirer la lésion par biopsie-exérèse assistée par Mammotome ou par chirurgie ».

Au-delà des critères médicaux, la situation personnelle de la patiente compte aussi. Même pour un nodule bénin, si l’anxiété liée à la crainte d’une évolution cancéreuse devient telle qu’elle perturbe la vie quotidienne, l’ablation peut être retenue pour préserver la qualité de vie. Il conseille également que, la grossesse imposant des contraintes sur les examens et les traitements actifs, les femmes qui prévoient une grossesse peuvent envisager une ablation préventive.

◇ Lors du diagnostic ou du traitement, qu’est-ce qui compte le plus ?

Qu’est-ce qui compte le plus dans le processus de diagnostic et de traitement des patientes atteintes d’un cancer du sein ? Le Dr Park cite deux éléments : des « examens minutieux » et une « prise en charge fondée sur les preuves ».

« Premièrement, la qualité des examens doit être bonne », affirme-t-il. L’utilisation d’un équipement performant constitue la base, mais il insiste surtout sur la nécessité d’examiner soigneusement toutes les zones du sein, sans omission.

« Il faut voir 100% : voir seulement 95% et manquer une lésion située dans les 5% restants ne doit jamais arriver », dit-il. Il peut exister des zones invisibles en raison des limites de l’appareil ou de l’humain, mais il ne doit pas y avoir de « trous » dans l’examen.

Autre principe qu’il met en avant en consultation : une « prise en charge conforme à des recommandations reposant sur des preuves solides ». « La médecine moderne ne dépend pas de l’expérience subjective ou des recettes personnelles d’un médecin », souligne-t-il, avant d’ajouter : « Il est important de respecter strictement les recommandations et les lignes directrices reconnues par la communauté scientifique, sur la base d’une médecine rigoureusement fondée sur les preuves ».

◇ Un message aux patientes

Le Dr Park indique : « La Korean Breast Cancer Society recommande aux femmes de 30 ans et plus de pratiquer un auto-examen chaque mois », précisant qu’il s’agit « d’un processus simple : dans la semaine qui suit la fin des règles, avant la douche, se placer devant un miroir pour vérifier visuellement d’éventuels changements de forme ou une asymétrie, puis palper soigneusement par palpation manuelle pour vérifier la présence d’une boule et l’existence d’un écoulement au niveau du mamelon ».

Il propose aussi une manière, pour les patientes, d’obtenir de bons soins. « Plutôt que de croire ou de douter systématiquement des paroles du médecin, il vaut mieux demander sur quels critères repose le diagnostic », dit-il. Par exemple, poser la question : « Selon quel critère mon état a-t-il conduit à ce diagnostic ? ». Ce type de question renforce la confiance entre la patiente et le médecin.

« Si le médecin peut expliquer clairement les critères, la patiente peut, elle aussi, comprendre précisément son état et faire confiance au parcours de soins à venir.

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