
Le Pr Kim Dong-wook, de la faculté de médecine de l’Université Yonsei, qui mène des travaux de thérapie cellulaire contre la maladie de Parkinson à partir de cellules souches embryonnaires humaines, a reçu le « prix académique Cha Kwang-ryul (KY Cha Academic Award) » décerné par la Société coréenne des cellules souches.
La société savante lui a remis cette distinction lors du « congrès annuel 2026 », organisé les 20 et 21 derniers à l’hôtel Swiss Grand de Seoul.
Le programme officiel du congrès comprenait également une conférence du lauréat, intitulée « Des cellules souches à la médecine : de la modélisation des maladies à la transposition clinique (From Stem Cells to Medicine: A Journey from Disease Modeling to Clinical Translation) ».
Le prix académique Cha Kwang-ryul a été créé l’an dernier afin d’identifier et de soutenir des chercheurs ayant obtenu des résultats remarquables dans les domaines des cellules souches et de la médecine régénérative.
Un pari sur les cellules souches embryonnaires pour traiter la maladie de Parkinson
Le Pr Kim a mobilisé des cellules souches embryonnaires humaines (hESC) et des cellules souches pluripotentes induites (iPSC) pour éclairer les causes de maladies difficiles à traiter, avant d’étendre ses travaux à l’édition génétique et au développement de médicaments de thérapie cellulaire.
Les cellules souches embryonnaires sont des cellules capables de se développer en divers types de cellules constituant l’organisme. Les cellules souches pluripotentes induites désignent des cellules obtenues en reprogrammant des cellules somatiques adultes, comme celles de la peau ou du sang, vers un état proche de l’état initial, afin qu’elles puissent se différencier en plusieurs types cellulaires.
Parmi ses résultats les plus marquants figure la recherche en thérapie cellulaire contre la maladie de Parkinson. Cette maladie neurodégénérative se caractérise par la disparition progressive, dans le cerveau, des neurones dopaminergiques qui contrôlent les mouvements, entraînant notamment des tremblements, une rigidité corporelle et un ralentissement des mouvements.
L’équipe du Pr Kim étudie une approche consistant à transformer des cellules souches embryonnaires humaines en « progéniteurs dopaminergiques », un stade précédant la maturation en neurones dopaminergiques, puis à les greffer dans le cerveau des patients.
L’Université Yonsei souligne que ces travaux ont été les premiers en Asie et les deuxièmes au monde, dans le domaine de la thérapie cellulaire contre la maladie de Parkinson fondée sur des cellules souches embryonnaires, à entrer en essai clinique.
Greffe cellulaire chez 12 patients… quels résultats après un an ?
Les résultats cliniques ont été publiés l'an dernier dans la revue internationale « Cell».
Les chercheurs ont réparti 12 patients atteints de maladie de Parkinson modérée à sévère en deux groupes, à faible dose et à forte dose. Après avoir greffé, chez chacun des 6 patients de chaque groupe, des progéniteurs dopaminergiques dérivés de cellules souches embryonnaires dans le putamen des deux hémisphères, ils ont suivi leur état pendant un an. Sur 12 mois, aucune toxicité limitant la dose ni aucun effet indésirable lié aux cellules greffées n’a été observé.
Les indicateurs de la fonction motrice évalués à l’arrêt des médicaments se sont également améliorés, avec une amplitude de changement plus importante dans le groupe à forte dose. La TEP du transporteur de la dopamine a aussi montré des modifications compatibles avec la survie des cellules greffées.
Ces résultats ne permettent toutefois pas de conclure immédiatement à une efficacité démontrée. Il s’agit d’une étude précoce de phase 1/2a, menée sans groupe témoin et avec seulement 12 participants, visant d’abord à évaluer la sécurité tout en explorant un potentiel effet thérapeutique. Des essais ultérieurs, portant sur un plus grand nombre de patients, sont nécessaires pour confirmer l’efficacité et la sécurité.
Le Pr Kim a, par ailleurs, utilisé des cellules souches pluripotentes induites dérivées de patients pour étudier les mécanismes d’apparition de maladies rares et difficiles à traiter, et a développé des techniques visant à corriger des anomalies génétiques.
Créé en 2025… le Pr Kim Dong-wook est le deuxième lauréat
Le prix académique Cha Kwang-ryul a été institué en 2025 afin d’honorer le soutien à la recherche et les actions de formation de talents menées par Cha Kwang-ryul, directeur du Global Comprehensive Research Institute de CHA Hospital et du groupe CHA Bio. Il vise à encourager les chercheurs ayant obtenu des résultats dans les domaines des cellules souches et de la médecine régénérative, et à soutenir leurs travaux ultérieurs.
Le premier lauréat avait été le Pr Cha Hyuk-jin, de la faculté de pharmacie de l’Université nationale de Seoul. Cette année, le Pr Kim Dong-wook est devenu le deuxième lauréat.
Lors du congrès annuel 2026 de la Société coréenne des cellules souches, les dernières avancées en matière de cellules souches et de médecine régénérative — cellules souches pluripotentes, régénération tissulaire, organoïdes, thérapie cellulaire — ont été présentées.
Des prix académiques portant le nom du directeur de l'institut, Cha Kwang-ryul, existent également au sein de sociétés savantes, en Corée comme à l'étranger. Outre le « prix Cha Kwang-ryul des cellules souches » de l’American Society for Reproductive Medicine (ASRM), des distinctions connexes ont été mises en place, notamment au sein de l'Asian Cellular Therapy Organization (ACTO) et de la Société coréenne de médecine de la reproduction.
Cette distinction reconnaît le parcours du Pr Kim, qui a su prolonger la recherche fondamentale sur les cellules souches jusqu’à des études cliniques menées chez des patients.
