Après la « déclaration d’indépendance de la pratique médicale » de 2008, Séoul réinterroge l’« autonomie médicale » 18 ans plus tard

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Le congrès de la CMAAO, prévu en septembre, réunira quelque 80 participants de 11 pays ; le président de l’Association médicale coréenne, Kim Taek-woo, prendra ses fonctions de 43e président

L’Association médicale coréenne organisera du 2 au 4 septembre le « Congrès de Séoul 2026 de la Confédération des associations médicales d’Asie et d’Océanie (CMAAO) », à l’hôtel Ambassador Seoul Pullman, dans l’arrondissement de Jung-gu, à Séoul. Photo : Association médicale coréenne

En 2008, les médecins du monde entier réunis à Séoul avaient souligné l’importance de l’autonomie de la profession médicale et de l’indépendance clinique. La déclaration énonçait notamment que les médecins devaient pouvoir prendre des décisions médicales sans subir de pressions indues du gouvernement, des hôpitaux ou des organismes payeurs, dans un texte en 12 points. Elle est depuis appelée « Déclaration de Séoul », du nom de la ville hôte.

Dix-huit ans plus tard, en septembre de cette année, les associations médicales d’Asie et d’Océanie se réuniront de nouveau à Séoul pour débattre de la même question. Le débat portera principalement sur l’étendue de la garantie à accorder au jugement professionnel des médecins lorsqu’ils soignent leurs patients et sur les responsabilités qui en découlent.

L’Association médicale coréenne a annoncé le 26 qu’elle organiserait du 2 au 4 septembre le « Congrès de Séoul 2026 de la Confédération des associations médicales d’Asie et d’Océanie (CMAAO) », à l’hôtel Ambassador Seoul Pullman, dans l’arrondissement de Jung-gu, à Séoul. Selon l’association, quelque 80 personnes, dont des représentants d’associations médicales de 11 pays, devraient y participer.

Le thème central du congrès sera l’« autonomie de la profession médicale » (« Professional Autonomy in Medicine »).

L’autonomie dans la pratique médicale ne se résume pas aux prérogatives des médecins

L’expression « autonomie de la profession médicale » peut facilement être comprise comme le droit des médecins de soigner leurs patients comme bon leur semble.

Mais elle recouvre une autre notion. Elle désigne le principe selon lequel le jugement médical ne doit pas être influencé par les ingérences indues du gouvernement, des gestionnaires hospitaliers ou des organismes payeurs. Elle signifie également que les médecins doivent pouvoir déterminer les soins nécessaires en s’appuyant sur l’état du patient et les données médicales.

L’Association médicale mondiale (WMA) a inscrit ces principes dans la « Déclaration de Séoul sur l’autonomie de la profession médicale et l’indépendance clinique », adoptée à Séoul en 2008. L’objectif est de préserver la qualité des soins et la confiance entre médecins et patients en permettant aux praticiens de prendre les décisions médicalement nécessaires sans subir d’influence extérieure indue.

L’autonomie ne signifie évidemment pas un pouvoir discrétionnaire illimité. La Déclaration de Séoul, révisée en 2018, précise que le jugement professionnel des médecins doit lui aussi respecter les données médicales, les normes de prise en charge et l’éthique professionnelle. Le droit des patients à décider eux-mêmes des traitements qu’ils souhaitent recevoir doit également être respecté.

En définitive, l’autonomie médicale ne peut pas être réduite à une question d’élargissement des prérogatives des médecins. Elle touche à la question de savoir qui détermine les traitements nécessaires aux patients et sur quelles bases.

Jusqu’où l’autonomie est-elle garantie dans les systèmes de santé nationaux ?

Le congrès de Séoul de la CMAAO examinera la manière dont ces principes sont concrètement appliqués dans les établissements de santé des différents pays d’Asie et d’Océanie.

Lors du symposium prévu le 3 septembre, les associations médicales participantes présenteront la situation de l’autonomie de la profession médicale dans leur pays, ses principaux enjeux et des cas concrets. Les systèmes de santé, les régimes d’assurance et les modes de gestion hospitalière variant d’un pays à l’autre, les conflits autour du jugement professionnel des médecins et les solutions apportées peuvent également différer.

Le lendemain, le 4 septembre, l’assemblée générale devrait adopter une résolution commune sur l’autonomie de la profession médicale, à partir des présentations et des discussions menées par les différents pays.

La CMAAO, une instance régionale distincte de la WMA

La CMAAO est une instance de concertation qui réunit les associations médicales nationales d’Asie et d’Océanie afin de discuter des enjeux de santé et de partager leurs points de vue.

Elle n’est pas une organisation rattachée à la WMA. Les deux organismes sont distincts, mais coopèrent étroitement. La WMA compte la CMAAO parmi ses partenaires régionaux du secteur médical.

La CMAAO rassemble les points de vue des associations médicales membres, débat des enjeux de santé propres à l’Asie et à l’Océanie, puis en transmet les conclusions à la communauté médicale internationale, notamment à la WMA. Elle fait ainsi le lien entre la WMA, qui représente la communauté médicale mondiale, et les associations médicales régionales.

Le nouveau président de l’Association médicale coréenne, Kim Taek-woo, a déclaré lors de sa cérémonie d’investiture, le 14 janvier 2025 : « Je ferai tout mon possible pour normaliser le système de santé. Les discussions ne pourront reprendre que lorsque le gouvernement aura présenté un plan concret pour la formation médicale. » Photo : Association médicale coréenne

Kim Taek-woo devient le quatrième président coréen de la CMAAO

Lors de ce congrès, Kim Taek-woo, président de l’Association médicale coréenne, prendra ses fonctions de 43e président de la Confédération des associations médicales d’Asie et d’Océanie (CMAAO).

Selon la liste officielle des anciens présidents de la CMAAO, il est le quatrième président issu de l’association médicale coréenne. Il succède à Myung Joo-wan, président de 1969 à 1971, à Moon Tae-joon, qui a exercé cette fonction de 1981 à 1983, et à Kim Jae-jung, président de 2005 à 2007.

La nomination du président de l’Association médicale coréenne à la tête de la CMAAO intervient 21 ans après l’accession de l’ancien président Kim Jae-jung à cette fonction, en 2005.

L’association encourage également la participation de jeunes médecins de différents pays au congrès. L’objectif est de leur permettre de découvrir directement les enjeux de santé de chaque pays et de multiplier les occasions d’échanges avec la communauté médicale internationale.

« Le congrès de la CMAAO qui se tiendra à Séoul constituera un tournant important, qui renforcera encore la stature et le rôle de la communauté médicale coréenne sur la scène internationale », a déclaré Kim Taek-woo. « En nous appuyant sur la valeur fondamentale qu’est l’autonomie de la profession médicale, nous communiquerons étroitement avec les associations médicales des pays membres et participerons de manière plus active aux coopérations internationales en matière de santé ainsi qu’aux discussions sur les politiques publiques. »

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