Novartis rachète la britannique Myricx pour un montant pouvant atteindre 2 300 milliards de wons… et renforce ses ADC

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1 700 milliards de wons versés d’emblée… deux candidats anticancéreux précliniques et une nouvelle technologie de médicament capable de tuer les cellules tumorales

Photo = Novartis

Novartis a entrepris d’élargir son portefeuille d’oncologie en sécurisant une technologie d’anticorps conjugués à un médicament (ADC), qui permet d’acheminer une substance anticancéreuse jusqu’aux cellules tumorales. Le cœur de cette acquisition réside dans une technologie qui conçoit, selon une approche différente des traitements existants, la « charge utile » (payload) — la partie du médicament qui, dans un ADC, tue effectivement les cellules cancéreuses. Reste à voir si elle permettra de dépasser les limites de résistance observées avec les ADC actuels.

Le groupe pharmaceutique suisse Novartis a annoncé, le 6 (heure locale), avoir décidé de racheter la biotech britannique Myricx Bio. La transaction prévoit un paiement initial de 1,1 milliard de dollars, soit environ 1 700 milliards de wons. À cela pourront s’ajouter jusqu’à 400 millions de dollars de paiements d’étape (milestones), soit environ 600 milliards de wons, en fonction des résultats de développement. Le montant total attendu de l’opération s’élève à 1,5 milliard de dollars, soit environ 2 300 milliards de wons. La finalisation de l’acquisition, sous réserve notamment des autorisations des autorités de régulation, est prévue au second semestre 2026.

Myricx est une biotech qui développe une nouvelle classe de charges utiles dans le domaine des ADC. Les ADC sont des traitements qui associent à un anticorps — capable de cibler les cellules cancéreuses — une substance anticancéreuse très puissante. Lorsque l’anticorps reconnaît une cible spécifique à la surface de la cellule tumorale et s’y fixe, la substance anticancéreuse liée pénètre dans la cellule et la détruit. L’enjeu clé consiste à concentrer l’administration du médicament sur les cellules cancéreuses tout en réduisant les dommages aux cellules saines.

Jusqu’ici, Novartis a davantage mis l’accent, dans son activité en oncologie, sur les thérapies par radioligands (RLT) que sur les ADC. Les RLT consistent à fixer un isotope radioactif à une molécule qui se dirige vers les cellules cancéreuses afin de les attaquer. Mais alors que les grands groupes pharmaceutiques mondiaux se livrent récemment à une course pour sécuriser des technologies ADC, Novartis s’oriente lui aussi vers un renforcement à grande échelle de son pipeline d’ADC.

Une nouvelle substance anticancéreuse susceptible de dépasser les limites des ADC existants

La technologie clé de Myricx repose sur une plateforme qui utilise des inhibiteurs de la N-myristoyltransférase (NMTi) comme charge utile d’ADC. La charge utile désigne la partie du médicament qui, dans un ADC, tue effectivement les cellules cancéreuses. Les principaux ADC actuellement autorisés utilisent comme charge utile des inhibiteurs de la topoisomérase I ou des agents perturbant les microtubules. « Enhertu », d’AstraZeneca et Daiichi Sankyo, utilise un inhibiteur de la topoisomérase I, tandis que « Padcev », d’Astellas et Pfizer, repose sur l’administration d’un médicament qui perturbe les microtubules.

Les NMTi se distinguent ici par un mécanisme d’action différent de celui des charges utiles existantes. La N-myristoyltransférase est une enzyme impliquée dans la régulation des fonctions des protéines à l’intérieur des cellules. Myricx développe une stratégie visant à attaquer sélectivement les cellules cancéreuses en utilisant, comme charge utile d’ADC, une substance qui inhibe cette enzyme. Novartis estime que cette approche pourrait compenser les problèmes de résistance des ADC actuels et les limites des charges utiles, tout en ouvrant la voie à une extension à plusieurs tumeurs solides.

Myricx développe actuellement, comme principaux éléments de son pipeline, des candidats ADC ciblant B7-H3 et HER2. Ces deux cibles sont déjà des cibles tumorales dont la pertinence a été évaluée dans le développement d’ADC. L’ADC « Enhertu », qui cible HER2, a obtenu une autorisation de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis en 2019, et l’ADC ciblant B7-H3, l’ifinatamab deruxtecan, a été placé sous procédure d’examen prioritaire par la FDA comme traitement du cancer du poumon à petites cellules à un stade étendu.

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