« On m’a dit d’attendre un an et demi » : quand les maisons de retraite affichent complet

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[Guide pratique pour s’occuper de ses parents ①] Hôpital de soins de longue durée et maison de retraite : des noms proches, mais des établissements totalement différents

Au moment où l’on décide de confier un parent à un établissement, la culpabilité et le sentiment d’impasse s’invitent. Il faut alors évaluer précisément l’état de santé de ses parents, identifier le type de structure nécessaire, puis prendre sa décision. Photo = image générée par IA

Quand il devient difficile de s’occuper de ses parents à domicile, les familles hésitent souvent entre l’hôpital de soins de longue durée et la maison de retraite. Choisir l’établissement, vérifier le niveau de dépendance et les coûts, évaluer la structure, puis assurer le suivi après l’entrée : rien n’est simple. Dans une série de cinq articles, nous passons en revue ce qu’il faut absolument savoir, du choix initial à l’après-admission. Le 1er volet explique la différence entre les deux structures ; le 2e examine laquelle convient selon l’état du parent ; le 3e traite du niveau de dépendance, des prestations en établissement et des coûts ; le 4e explique comment repérer un bon établissement ; le 5e détaille ce que la famille doit vérifier après l’entrée.

« Ma mère souffre de démence. Je dois aussi gagner ma vie, je ne peux pas rester à ses côtés 24 heures sur 24, mais la laisser seule m’angoissait. Après des mois d’hésitation, j’ai décidé de la placer dans un établissement, mais je ne savais même pas par où commencer. J’ai cherché sur Internet une maison de retraite réputée et j’ai appelé : on m’a répondu que “même avec de la chance, vous ne pourrez entrer que dans un an et demi”. Je n’oublierai jamais ce que j’ai ressenti en raccrochant : comme si une pierre m’écrasait la poitrine. »

Jeong Yong-jun (66 ans, nom d’emprunt) a eu du mal à poursuivre en se remémorant cette période, lors d’un entretien téléphonique avec Komedi.com.

Il a décidé, il y a deux ans, de confier sa mère de 89 ans, atteinte de démence, à un établissement de prise en charge. Ses symptômes s’étaient brusquement aggravés, rendant la vie en autonomie difficile, et les conflits avec le voisinage s’étaient multipliés.

Les familles qui choisissent de placer un parent en établissement ressentent souvent à la fois culpabilité et désarroi. L’urgence est là, mais les critères manquent pour déterminer quel lieu convient. Certaines, comme Jeong Yong-jun, se voient aussi annoncer de longues listes d’attente dès le premier appel.

Première étape : bien distinguer la maison de retraite et l’hôpital de soins de longue durée. Malgré des appellations proches, ils relèvent de dispositifs différents. La distinction la plus simple est la suivante : la maison de retraite est un lieu de vie, l’hôpital de soins de longue durée un lieu d’hospitalisation où l’on reçoit des soins. Cette différence implique aussi des régimes d’assurance et des procédures d’accès distincts.

Maison de retraite : l’accompagnement au quotidien plutôt que les soins

Les établissements pour personnes âgées, communément appelés maisons de retraite, sont, au regard de la loi sur la protection sociale des personnes âgées, des établissements médico-sociaux pour seniors. Ils ne sont pas réservés aux médecins. Des particuliers ou des personnes morales peuvent aussi les créer, à condition de respecter les normes d’infrastructure et de personnel et d’en faire la déclaration auprès de l’administration compétente (ville, comté ou arrondissement). En revanche, pour que les résidents bénéficient de l’assurance dépendance de longue durée, la maison de retraite doit être désignée séparément comme organisme de prise en charge de longue durée.

La maison de retraite fournit repas, prise en charge et services de la vie quotidienne à des personnes âgées ayant besoin d’aide pour les actes de la vie courante en raison de maladies liées au vieillissement, comme la démence ou l’AVC. Les aides-soignants les assistent pour les repas, la toilette, l’habillage, les déplacements et l’élimination. Des assistants sociaux ainsi que des infirmiers ou aides-infirmiers sont également affectés. Il ne s’agit pas d’établissements avec un médecin présent en permanence, mais un médecin extérieur, lié par contrat à la maison de retraite, s’y rend régulièrement pour suivre l’état de santé des résidents et les examiner. Comme les examens et les traitements ne sont pas disponibles en continu comme à l’hôpital, les soins spécialisés se font dans des établissements extérieurs, et en cas d’urgence, le résident est transféré à l’hôpital.

On envisage donc une maison de retraite lorsque le besoin principal relève davantage de l’accompagnement au quotidien que d’actes médicaux. Pour bénéficier des prestations en établissement de l’assurance dépendance de longue durée, il faut vérifier le niveau de dépendance et l’éligibilité aux prestations en établissement. Les démarches de demande et d’évaluation, ainsi que le reste à charge réel, seront abordés dans le 3e volet.

Dans un hôpital de soins de longue durée à Bucheon, dans la province de Gyeonggi, des patients âgés participent à une activité d’art-thérapie. Photo = Yonhap News

Hôpital de soins de longue durée : pour une hospitalisation et des soins au long cours

En vertu de la loi médicale, l’hôpital de soins de longue durée est un établissement de santé de niveau hospitalier. Il est ouvert, avec l’autorisation du gouverneur de la province ou du maire d’une ville métropolitaine, par des acteurs définis par la loi : médecins, médecins de médecine traditionnelle coréenne, fondations médicales, organismes à but non lucratif, État, collectivités locales, etc.

Des médecins et du personnel infirmier y travaillent. Ils suivent l’état des patients et fournissent des services médicaux : prescriptions, examens, actes, rééducation, etc.

Ces établissements accueillent principalement des patients souffrant de maladies liées au vieillissement ou de pathologies chroniques, ou encore des personnes qui, après une opération ou des soins en phase aiguë, ont besoin d’un traitement prolongé et d’une surveillance médicale. En cas d’aggravation soudaine nécessitant des examens d’urgence, une intervention chirurgicale ou des soins intensifs, le patient doit être pris en charge dans un hôpital de phase aiguë.

Même sans niveau de dépendance de longue durée, un patient peut être hospitalisé dans un hôpital de soins de longue durée si l’équipe médicale juge l’hospitalisation nécessaire. Les frais médicaux en hôpital de soins de longue durée sont couverts par l’assurance maladie nationale.

On ne peut pas conclure, pour la mère de Jeong Yong-jun, quel type d’établissement convient sur la seule base du diagnostic de démence. Il faut aussi prendre en compte son état physique et la nature de l’aide nécessaire au quotidien.

Le prochain volet reviendra sur les critères de choix concrets, souvent masqués derrière des termes comme “démence” ou “difficultés de mobilité”.

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