Randonnée au Bukhansan, ampoule changée à la maison : ces accidents qui peuvent laisser un handicap durable… pourquoi les 60-70 ans sont-ils si touchés ?

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[K-Best : la santé vue par les dirigeants d’hôpitaux] Bang Moon-seok, directeur de l’Hôpital national de réadaptation des transports

Bang Moon-seok, directeur de l’Hôpital national de réadaptation des transports, explique : « Parmi les patients, beaucoup se blessent en vieillissant en faisant des choses que leur corps ne suit plus », puis ajoute : « Dans la vie quotidienne, les seniors doivent redoubler de prudence pour éviter les blessures, au risque de se retrouver handicapés. » Photo = Choi Seung-sik, journaliste spécialisé
Bang Moon-seok, directeur de l’Hôpital national de réadaptation des transports, explique : « Parmi les patients, beaucoup se blessent en vieillissant en faisant des choses que leur corps ne suit plus », puis ajoute : « Dans la vie quotidienne, les seniors doivent redoubler de prudence pour éviter les blessures, au risque de se retrouver handicapés. » Photo = Choi Seung-sik, journaliste spécialisé

« La société tout entière doit se préoccuper de la sécurité des baby-boomers et de la génération 386. Chacun doit aussi être attentif aux limites de son propre corps… »

Un patient tombé à vélo lors d’une sortie d’un club de cyclisme, un patient qui a chuté après être parti seul randonner au Bukhansan, un patient qui s’est blessé en taillant des branches dans une maison de campagne, un patient qui a maladroitement changé une ampoule chez lui, un patient qui est tombé en peignant et s’est retrouvé paralysé de tout le corps…

Bang Moon-seok, directeur de l’Hôpital national de réadaptation des transports, souligne que son établissement accueille non seulement des victimes de grands accidents, mais aussi un nombre non négligeable de patients âgés ou d’âge mûr grièvement blessés dans la vie quotidienne ou lors d’activités sportives. Selon lui, la Corée du Sud doit désormais répondre de manière résolue à la question de leur sécurité.

« Les baby-boomers de notre pays sont nés dans un pays en développement, ont grandi en se demandant comment ils allaient manger, et n’ont fait que travailler lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche en organisant des soirées arrosées chaque soir. Pour la plupart, le sport et les loisirs étaient hors de portée. Ils surestiment leur condition physique et finissent par avoir un accident. »

En Corée du Sud, on appelle généralement baby-boomers les personnes nées après la guerre de Corée et jusqu’en 1963, et « génération 386 » les personnes nées dans les années 1960 ; elles ont en commun d’avoir porté l’économie à bout de bras en malmenant leur corps.

« Dans d’autres pays développés, les gens profitent, jeunes, du sport, des loisirs et de l’aventure, puis, en vieillissant, se reposent dans des stations de villégiature ou s’adonnent à des hobbies plus doux. Mais chez nous, la plupart des personnes âgées ou d’âge mûr ont été indifférentes à leur condition physique quand elles étaient jeunes, puis, une fois âgées, se mettent à pratiquer des sports ou à faire des choses que leur corps ne suit plus, et se blessent facilement. »

Le directeur Bang insiste : « Dans la vie quotidienne, les seniors doivent redoubler de prudence pour éviter les blessures. » Il ajoute : « Ils doivent comprendre que, sinon, ils peuvent se blesser gravement et devenir handicapés. »

Pour l’exercice, mieux vaut privilégier des exercices statiques de renforcement musculaire plutôt que des activités dynamiques, qui comportent un risque plus élevé de blessures graves. Le directeur Bang met en garde : « À un âge avancé, la musculation est bien meilleure pour la santé que l’exercice aérobie, et quel que soit le sport, commencer sans entraînement de base est dangereux. »

En cas de blessure grave imprévue, après les soins d’urgence, il faut impérativement suivre une rééducation spécialisée. Même s’il faut retourner à l’hôpital où l’on a été traité au départ, seule une rééducation spécialisée permet de réduire les séquelles. En Corée du Sud, il n’est pas rare que des patients s’en remettent à des remèdes populaires non scientifiques au lieu de la rééducation ; le risque est grand d’y laisser ses économies tout en aggravant son état.

Le directeur Bang précise : « Cela ne signifie pas pour autant que le système de rééducation en Corée du Sud soit parfait ; il faut l’améliorer. » Il met l’accent sur deux points.

« D’abord, en rééducation, le rôle des infirmiers, des thérapeutes et des assistants sociaux est important, mais les tarifs remboursés pour leurs actes sont trop bas. Les assistants sociaux, en particulier, se renseignent sur les programmes de toutes sortes d’organismes, y compris des collectivités locales, afin de proposer au patient des méthodes de santé adaptées et de vérifier jusqu’aux avantages d’assurance ; pourtant, les tarifs fixés sont, littéralement, d’un niveau proprement stupéfiant. Aux États-Unis, en Europe, d’innombrables assistants sociaux aident les personnes âgées ou handicapées à préserver leur santé, mais chez nous, il existe une limite structurelle. Deuxièmement, il est urgent d’introduire une tarification différenciée pour les hôpitaux proposant des services intégrés de soins infirmiers et d’aide-soignants. La rééducation est un domaine qui exige beaucoup d’attention, mais les tarifs liés aux aides-soignants sont si faibles que, pour éviter le déficit, un seul aide-soignant doit prendre en charge plusieurs patients à la fois. Les hôpitaux proposant des services intégrés de soins infirmiers et d’aide-soignants n’ont alors d’autre choix que de ne prendre que des patients légers. Il faut appliquer une tarification différenciée selon la gravité : c’est à cette condition qu’on pourra apaiser la détresse des patients et de leurs familles, frappés du jour au lendemain par un grave handicap à la suite d’un accident. »

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