Une fois avalé, c’est fini… la santé se joue dans le choix des repas, jour après jour

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[Jang Jun-hong : Laozi et la médecine moderne]

Photo = Getty Images Bank

La médecine moderne met en lumière avec une grande précision, jusqu’au niveau moléculaire, les processus métaboliques qui se produisent dans notre organisme après un repas. Les aliments descendent de la bouche vers l’estomac et les intestins où ils sont digérés, puis les nutriments sont absorbés par les vaisseaux sanguins pour devenir l’énergie des cellules ou être stockés sous forme de graisse. Au cours de ce processus, des hormones comme l’insuline et le glucagon entrent en action, et divers médiateurs de signalisation sont produits à partir des acides gras. Parmi ces médiateurs, l’un des plus importants est celui des eicosanoïdes (Eicosanoids : substances de régulation physiologique produites à partir des acides gras).

Cependant, malgré la mise au jour de cette masse d’informations, il existe un fait que nous devons absolument reconnaître : les processus métaboliques qui se déclenchent après avoir avalé un aliment ne peuvent pas être contrôlés directement par notre volonté.

Dès l’instant où l’on mâche et avale, le métabolisme de notre corps fonctionne comme une sorte de pilote automatique. La vitesse de vidange gastrique, l’ampleur de l’élévation de la glycémie, la quantité d’insuline sécrétée, la proportion de graisse stockée, et même l’intensité des réactions inflammatoires qui se déroulent hors de notre vue : tout est régulé de manière autonome. Ce n’est pas quelque chose qu’un médecin ou un nutritionniste peut contrôler de façon particulière. En particulier, le système des eicosanoïdes, qui régule la vasoconstriction et la vasodilatation, l’agrégation plaquettaire, les réactions inflammatoires, etc., fait partie des dispositifs d’autorégulation de l’organisme. Ce système n’est pas mû par une volonté extérieure ; il réagit de lui-même selon la nature des nutriments entrés dans le corps.

Si les médecins et les nutritionnistes décrivent en détail les processus métaboliques, ce n’est pas parce que nous pouvons les régler directement. C’est plutôt l’inverse. Parce que nous savons comment le métabolisme se déroule, nous voulons souligner à quel point le choix des aliments, point de départ de tout le processus, est crucial. Beaucoup de personnes, en entendant l’explication du métabolisme, pensent qu’elles peuvent, par leur volonté, contrôler des hormones ou des réactions physiologiques. Or, en réalité, le moment où nous pouvons intervenir est très limité. Juste avant que la nourriture n’entre dans la bouche, à cet instant précis : c’est pratiquement le seul temps que nous puissions contrôler.

Notre corps est un système de réponse d’une grande honnêteté. Il réagit mécaniquement en fonction des matériaux qui y entrent. Si un aliment fait grimper brutalement la glycémie, la sécrétion d’insuline augmente fortement ; si la quantité de graisses pro-inflammatoires augmente, les cellules réagissent en conséquence. À l’inverse, lorsque des protéines et des glucides appropriés sont apportés ensemble, la réponse métabolique se déroule de manière bien plus stable. Le corps ne fait pas d’efforts particuliers pour répondre à nos attentes. Il réagit uniquement selon la nature des matériaux reçus. Si de mauvais matériaux se répètent, le corps commence silencieusement à se diriger vers la maladie.

Vu sous cet angle, la gestion de la santé n’est pas une affaire qui exige des calculs complexes. Les méthodes que nous pouvons mettre en pratique sont plus simples qu’on ne le pense : manger des quantités appropriées, adopter une alimentation équilibrée et maintenir des horaires de repas aussi réguliers que possible. Rien qu’en respectant ces principes de base, le système d’autorégulation du corps fonctionne de façon bien plus stable. La plupart des maladies chroniques ne sont pas un malheur qui survient soudainement un jour. Elles sont le résultat de choix répétés à table, accumulés sur une longue période. Les médicaments peuvent atténuer les symptômes, mais la force qui change la trajectoire du corps vient, au final, des choix que nous faisons à chaque repas.

Nous ne pouvons pas contrôler directement les processus métaboliques. En revanche, nous pouvons choisir nous-mêmes le type et la quantité d’aliments qui alimentent ces processus. En effet, ce que nous mangeons devient, dans l’organisme, un signal qui détermine l’orientation des réactions inflammatoires. Ainsi, si l’on consomme ensemble protéines, glucides et lipides, en quantités et proportions adéquates, la santé revient progressivement sur une trajectoire stable. En définitive, la manière la plus réaliste de préserver sa santé ne réside pas dans des technologies médicales complexes. Elle se trouve dans l’instant même où l’on décide de ce que l’on met dans sa bouche. Il suffit que de bons ingrédients entrent dans le corps : ensuite, le système physiologique sophistiqué de l’être humain s’occupe du reste. La santé ne commence pas avec des techniques thérapeutiques grandioses, mais avec les choix, répétés chaque jour, sur la table.

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