Une « injection peau de porcelaine » livrée par colis : en réalité, un médicament de prévention neurologique

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En gonflant les volumes livrés aux hôpitaux, un commercial a détourné des produits pour les vendre à 156 personnes… Le ministère de la Sécurité des aliments et des médicaments saisit le parquet pour infraction à la loi sur les pharmaciens

Vue d’ensemble du ministère de la Sécurité des aliments et des médicaments Photo = ministère de la Sécurité des aliments et des médicaments

Des personnes ont acheté, via un café en ligne, des produits injectables qui ne peuvent être prescrits qu’à l’hôpital.

Le ministère de la Sécurité des aliments et des médicaments a annoncé, le 12, avoir transmis au parquet le dossier de M. A, soupçonné d’avoir vendu clandestinement pour 160 millions de wons de médicaments soumis à prescription — des spécialités qui ne peuvent être vendues sans ordonnance d’un médecin — dont des injections de glutathion, communément appelées « injection peau de porcelaine ». L’article 44, paragraphe 1, de la loi sur les pharmaciens stipule que toute personne qui n’est pas titulaire d’une officine ne peut vendre de médicaments.

Il disait livrer à des hôpitaux : pourquoi restait-il du stock ?

L’Unité centrale d’enquête sur les crimes portant atteinte à la sécurité (ministère de la Sécurité des aliments et des médicaments) a été alertée de la vente illégale, via des cafés en ligne de partage d’informations liés à la beauté féminine et au métier d’infirmière, d’« injections peau de porcelaine » et d’« injections Cendrillon », utilisées à l’hôpital dans des actes de dermatologie esthétique. Elle a alors ouvert une enquête.

Les enquêteurs ont établi que M. A était un agent de promotion pharmaceutique chargé, pour le compte d’un grossiste, d’activités de stimulation des ventes. Sous prétexte de livrer des hôpitaux clients, il commandait au grossiste des quantités supérieures aux besoins réels, n’en remettait qu’une partie aux établissements et revendait le reste à des acheteurs.

De cette manière, d’avril 2025 à avril 2026, il a détourné auprès de grossistes et d’hôpitaux 2 293 unités d’environ 100 types de médicaments injectables soumis à prescription médicale, puis les a cédées à 156 acheteurs contre paiement en espèces ou par virement, via livraison par colis ou remise en main propre. Le montant total de ces ventes illégales a atteint 160 millions de wons.

Produits pharmaceutiques saisis, tels que publiés par le ministère de la Sécurité des aliments et des médicaments Photo = ministère de la Sécurité des aliments et des médicaments

D’après la photo des médicaments saisis rendue publique par le ministère et les documents sur les principaux articles vendus, figuraient notamment Bionju et Detoxionju, communément appelés « injection peau de porcelaine », Idellaju, connue comme « injection Cendrillon », ainsi que Pobiwonju, dite « injection à l’ail », Hishipagen C ju, dite « injection à la réglisse », et Laennec ju, dite « injection placentaire ». En y ajoutant Yenastherone ju, Ephedrine hydrochloride ju, B-com Hexa ju et Ascorbic acid ju, écoulés sans surnom particulier, le nombre de principaux produits vendus illégalement atteint 10.

Ces « injections », réputées par le bouche-à-oreille bénéfiques pour l’esthétique ou la récupération de la fatigue, sont des médicaments soumis à prescription, utilisables uniquement sur ordonnance d’un médecin.

Achetées sans ordonnance : à quoi ont-elles servi ?

L’enquête montre que la plupart des acheteurs ont acquis ces médicaments soumis à prescription, sans ordonnance, à moindre coût, soit à des fins de soins esthétiques de la peau (éclaircissement, effet antioxydant), soit pour rechercher, lors de l’exercice physique, un effet stimulant et une récupération de la fatigue.

Les indications réellement autorisées des 10 produits vendus illégalement variaient toutefois d’un médicament à l’autre : prévention de troubles neurologiques (« injection peau de porcelaine ») et surdité neurosensorielle de l’oreille interne (« injection Cendrillon »), mais aussi carence en vitamines, amélioration de la fonction hépatique, déficit hormonal ou encore asthme bronchique. L’éclaircissement/effet antioxydant et l’effet stimulant/récupération de la fatigue pendant le sport relevaient, pour tous ces produits, d’un usage arbitraire sans lien avec les indications approuvées.

Le ministère a averti qu’un mésusage ou un abus de ces médicaments pouvait provoquer des effets indésirables graves, tels qu’un arrêt cardio-respiratoire, une perte de connaissance ou un choc lié à une détresse respiratoire.

Concrètement, les indications autorisées et les effets indésirables des principaux produits illégalement distribués cette fois-ci sont les suivants.

Photo = image traitée par intelligence artificielle

Même les produits réputés bénéfiques pour l’esthétique, comme les « injections peau de porcelaine » ou les « injections Cendrillon », peuvent entraîner des effets indésirables loin d’être bénins, notamment une baisse de la tension artérielle, des palpitations ou des éruptions cutanées. Le ministère insiste : même pour des objectifs esthétiques ou de gestion de la forme, il faut impérativement les utiliser sur prescription médicale.

L’Unité centrale d’enquête sur les crimes portant atteinte à la sécurité a indiqué avoir demandé au parquet, conformément à la « loi sur la réglementation et la répression de la dissimulation des produits du crime », une mesure conservatoire de confiscation avant mise en accusation portant sur 70 millions de wons de profits criminels que M. A aurait tirés de cette affaire. Le ministère a ajouté qu’il continuerait à réprimer activement la vente illégale de médicaments et à sanctionner sévèrement ces pratiques afin de protéger la santé et la sécurité de la population.

Les produits injectables diffusés sans ordonnance via des cafés en ligne ou par l’intermédiaire de connaissances n’empruntent pas les circuits officiels : il est donc impossible de garantir leurs conditions de conservation et leur qualité. Même si l’objectif est esthétique ou lié à la récupération de la fatigue, il est plus sûr de passer par un établissement de santé et d’obtenir une prescription en bonne et due forme plutôt que d’utiliser ces canaux.

Par ailleurs, le ministère a précisé : « Les faits criminels divulgués dans le communiqué de presse ne sont pas des faits définitivement établis par un jugement. »

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